"Gloire aux mots, gloire a mes mots qui baisent mieux que le sexe de mon rival."
Amélie Nothomb.

Intoxication contrefaite
Etre ou ne pas être ?
Ecrit le lundi 26 Decembre 2005, à 01:25. Deux cent quatre-vingt-cinquième ticket.

Après Bel-Ami de Maupassant qui m'a valu de nombreuse claques tant certains vices de George Duroy sont semblables aux miens, me voilà maintenant à lire une description psychologique de ce que je suis en lisant (les premières pages de) La confusion des Sentiments de Stefan Zweig.

Chacun des livres que j'ai lus, par leur histoire, leurs personnages ou leurs anecdotes m'ont amené a les rapprocher à ma vie, généralement de manière insignifiante. Le Joueur d'Echec de Zweig est tombé dans mes mains alors que je désirais apprendre à jouer aux échecs, Pars vite et reviens tard de Fred Vargas juste la veille d'une discussion sur la peste avec des amis. J'ai commencé Cosmétique de l'ennemi de Nothomb en attendant un train (bon certes, ce n'est pas un avion, mais ça vaut son pesant de cacahuète).

Mais les derniers ouvrages qui passent sous mes yeux, en se rapprochant un peu trop de mon Moi, commencent à devenir pesants. Comme si une destinée implacable s'obstinait à me faire ouvrir les yeux sur ce que je suis et ce que je tends à être et qui, tentant d'arranger ce qui est, me soufflerait le bon chemin à suivre.
Mais je refuse d'accorder le moindre crédit aux élucubrations de cette tarte destinée [oxymore (qui n'en est pas vraiment un) assez délicieux], étant moi-même un rare autodéïste, je crois en moi, et je crois en l'Homme. Point.
Dois-je alors écouter ces alertes répétées et prendre les résolutions de changer pour mieux être ?
Ou alors accepte-je d'être définitivement un profiteur émotif, un arriviste en quête vitale de la reconnaissance de ses supérieurs, me condamnant ainsi à souffrir à jamais de tous ces paradoxes ?

Je devrais peut être, arrêter de me poser des questions.

Mais tout de même ...
Je préférerais me reconnaître, comme tous et toutes dans l'impersonnalité d'Harry Potter plutôt que dans un Don Juan grippe-sous, arriviste et opportuniste, ou encore dans un étudiant émotif littérophile qui idolâtre un professeur.

le boum [Site] - Posté le 03/01/2006 à 19:15 :
m'ont amené a les rapprocher à ma vie ==> 2 possibilités : 1.- m'ont amené à les rapporter à ma vie 2.- m'ont amené à les rapprocher de ma vie du moins c'est que je suppose compte tenu du contexte. accepte-je ==> acceptè-je
Pierre-Jean  - Posté le 28/12/2005 à 18:33 :
Bouge ton c** et va t'aérer les neurones ! :-)
Léa  - Posté le 26/12/2005 à 23:54 :
Arrête de te poser des questions.
Jean Claude Tergal  - Posté le 26/12/2005 à 14:55 :
Ne t'inquiète pas, ton style boursoufflé témoigne de lui même d'une prétention commune à l'adolescence qui amène généralement à "péter plus haut que son cul". Je te conseille de t'acheter "Oui Oui et la grosse caisse", et de persévérer chaque jour un peu plus à t'indentifier à ce héros bon, simple, et honnête.
 


Ho Ho Ho !
Marche d'hivers...
Ecrit le dimanche 25 Decembre 2005, à 19:23. Deux cent quatre-vingt-quatrième ticket.

Mon tout premier ticket du jour de noël.
Voici le premier noël de ma vie, ou en tous cas depuis longtemps, que je passe normalement chez moi, à attendre le lendemain comme tous les jours de fête ou d'après fête où il ne se passe rien et, normalement, ne se passera rien jusqu'au lendemain qui arrive lentement.

Le temps qui coule lentement gèle ici.
Cet après-midi, la ville était comme maintenue immobile d'une main presque lourde et oppressante. De rares voitures glissaient mollement sur la route en se dirigeant vers le lointain logis de leur conducteur après la Corvée de Visite. Certaine familles sortaient d'ailleurs pour l'occasion leurs grand-mères avec conviction en les écoutant d'une oreille polie, raconter leur enfance dans les ruelles du Puy, parce qu'à l'époque, elle y faisait de la luge vu qu'il y avait en hivers toujours des centimètres et des centimètres de neige, alors que de nos jour, c'est triste, il neige beaucoup moins, la France va mal.

Comme un jour d'hibernation, un avant goût de la mort avec une touche d'apocalypse.

Noël est passé. Depuis plusieurs mois je clame qu'un livre est un cadeau qui me fait vraiment plaisir. Mon appel a été entendu puisque c'est sept livres qui sont tombés aux pieds du sapin, avec une petite préférence assez marquée pour Stefan Zweig.
De Stefan Zweig : La Peur, La confusion des sentiments et Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme. J'aime Zweig de toute manière. Prononcer cette assertion appel beaucoup plus le respect que de crier « J'aime Nothomb de toute manière. »
De Hermann Hesse : Siddhartha, un livre dont je n'ai jamais entendu prononcer le titre et dont le nom de l'auteur me fait un peu peur. Ca sera de quoi épancher ma soif culturelle, mais j'ai quand même peur.
De Patrick Süskind : Le Parfum. Le nom de l'auteur fait tout autant peur, mais je m'y mettrais un jour ou l'autre de toute manière. Je ne crierais pas « Au Secours » ce soir.
Et, grâce à Dieu et a E., de Louis Lanher : microclimat. Un livre que je désire depuis un petit moment et que j'ai commencé à vivement réclamer ces derniers temps. Amazon.fr m'apportera ça d'ici bientôt.
Avec les livres, du parfum, une écharpe et un Timax (voir le site des Ziquicks dans mes liens), un cumul de 19h de train et quelques kekos à venir.

Ma Wishlist Amazon, à jour, reste à votre disposition si vous trouvez que je n'ai pas assez de chance. Et puis, peut être qu'un nouveau téléphone mobile et un ordinateur portable m'aideraient à poster plus régulièrement, allez chercher en quoi...
Enfin, moi, je dis ça, je ne dis rien.

Je vais bientôt partir sur Oloron, retrouver un bout de ce qu'était la vie. Cinq jours dans mon passés à souhaiter de repartir pour retrouver les personnes que j'aime ici mais aussi à souhaiter de rester à tous jamais, de faire que les minutes durent des années pour que je profite encore un peu du comme c'était bien avant.

Mélancolique ? Juste las.
Je me tais, sinon on va dire que je ne suis, après tout, qu'un petit bourge pourris gâté qui n'est jamais heureux de toute manière.
Muselé ? Juste las.

le boum [Site] - Posté le 03/01/2006 à 19:13 :
Bon Noël ! leurs grand-mères ... parce qu'à l'époque, elle y faisait de la luge ==> leurs grand-mères ... parce qu'à l'époque, elles y faisaient de la luge cette assertion appel beaucoup plus ==> cette assertion appelle beaucoup plus mais je m'y mettrais un jour ou l'autre de toute manière ==> mais je m'y mettrai un jour ou l'autre de toute manière Je ne crierais pas « Au Secours » ce soir. => Je ne crierai pas « Au Secours » ce soir. à tous jamais ==> à tout jamais qu'un petit bour(...)
Léa  - Posté le 29/12/2005 à 02:55 :
Herman Hesse. Une place sur mon étagère, dans le coin des précieux.
 


Marche d'hivers
Ho ho ho
Ecrit le lundi 12 Decembre 2005, à 21:22. Deux cent quatre-vingt-troisième ticket.

Les températures sont fraîches dans la cuvette ponote. Un Zéro expose fièrement son Plus pendant qu'un cheval broute avec dépit les pavés de la rue : C'est noël.
Une centaine d'individus à la bourse trop chargée se croisent ou se heurtent dans les rues commerçantes de ma nouvelle ville. Certains s'arrêtent net devant le brillant d'une vitrine, bloquant ainsi une dizaine d'étourdis qui s'écrasent les un après les autres dans une parfaite normalité. D'autres bondissent d'un trottoir à un autre sans jamais se préoccuper des rares voitures qui s'engouffrent dans ce fief du piéton.

Et parmi ceux là, il y a moi, fidèle compagnon de ma solitude, arpentant les rues à la recherche d'idée de dépenses légitimes, ne culpabilisant qu'a peine pour le gyroscope Powerball acheté sur un coup de tête sur Internet, ne pensant même plus au tee-shirt comblant un manque affectif, ni mêmes aux autres dépenses d'utilités douteuses qui trouvent leur place dans Microsoft Money dans des catégories comme Décoration de l'intérieur, ou Sport et loisir.
Perdu dans la ville comme dans mes pensées, suivant la route de mes nouvelles chaussures, je réfléchis aux différents moyens d'aller passer la saint sylvestre dans mon passée. N'arrivant à oublier les moyens farfelus, comme les pingouins volants ou le coucou express, m'attardant trop longtemps sur des solutions impossibles comme l'auto-stop ou la téléportation, je décide que le train restera le moyen le plus fiable.

Mais le réveillon dans un chalet à la montagne, à Gourette ou je ne sais trop où me semble de moins en moins être une lointaine utopie inaccessible à jamais. Voici donc une affaire à suivre, une nouvelle. La si importante soirée du réveillon aura de toute manière droit à une place de choix sur ce blog.

Walpurgis [Site] - Posté le 14/12/2005 à 00:10 :
Le réveillon... Déjà... Le temps passe si vite... Demain je me rendrai aux pompes funèbres réserver une concession... Après demain, il sera déjà trop tard.
le boum [Site] - Posté le 13/12/2005 à 14:35 :
Bonjour jeune ami, "dans mon passée. N'arrivant à oublier " => "passé" et "N'arrivant pas à oublier " "à la montagne, à Gourette ou je ne sais trop où me semble de moins en moins" => "à la montagne, à Gourette ou je ne sais trop où, me semble de moins en moins" "inaccessible à jamais" => le "inaccessible à jamais" forme pléoasme, mais cela n'implique pas qu'il faille le supprimer : simplement il y a comme une redondance... Question de goût, de style perso. Je suis enchanté de cons(...)
Dingue marmotte [Site] - Posté le 13/12/2005 à 11:25 :
Ffffffff mon réveillon à moi risque d'être un peu barbant...
 


Rêve : Suite
Je n'ai rien demandé à la base, moi.
Ecrit le dimanche 11 Decembre 2005, à 14:43. Deux cent quatre-vingt-deuxième ticket.

(Suite à Un sommeil agité.)

Des ruines s'étendent sous mes pieds. Des gravats se mêlent à un planché qu'on a broyé de diverses manières. Le haut d'une chaise égarée dépasse du monticule de temps à autres. Je ne sais pas ce qu'il y avait en cet endroit avant, mais maintenant il n'en reste plus grand-chose.

Il fait froid, très froid. Quelques légers flocons apparaissent dans le ciel. Très vite la neige ensevelit les décombres et étouffe les plaintes échappées des entrailles de ces tristes ruines. Je sens de nouveau l'oppression d'un passé trop compliqué ou trop puissant pour moi seul. J'en ferme les paupières.
J'ai froid.

J'ai toujours froid, mais c'est devant les marches usées d'un rêve passé que je rouvre mes yeux. Je commence à avoir peur, et je refuse de faire comme la dernière fois. Je ne montrai pas les marches.
Je me retourne.
Je suis dans le hall d'un immeuble, assez vétuste je dois avouer. Une porte trouée de nombreuses vitres peintes recouvertes de grains de poussière filtre une lumière pâle, une lumière morte qui vient se perdre sur le plancher gras dans quelques reflets mordorés.
Cette porte s'ouvre brusquement et une personne s'engouffre dans le hall à toute vitesse, me croise en me heurtant presque et monte les nombreuses marches que je viens d'éviter, d'un petit pas de trot.
Une nouvelle personne anonyme s'engouffre derechef dans le hall et procède exactement comme la précédente, d'une manière un peu plus rapide peut-être, comme si celle-ci poursuivait la première.
Puis une troisième arrive et me croise sans me voir, puis une autre, encore une autre. Ces personnes me croisent tantôt par la droite, tantôt par la gauche, toujours en me frôlant, sans jamais me toucher.
Dix, vingt, trente ou quarante puis une foule épaisse et mouvementée qui s'éventre devant moi pour se reformer juste après, comme une rivière ou un fleuve évitant et contournant un obstacle étranger. Des femmes, des hommes, des jeunes adultes pour la plupart, âgés entre 18 et 20 ans, qui fixent mes yeux sans jamais croiser mon regard, qui marchent à vive allure se pressant vers les fameux escaliers.
Ces pâles moutons de panurges en costume de soirée qui galopent à leur perte m'angoissent de plus en plus.
Je décide d'avancer, fendant cette foule silencieuse à mesure de mes pas. Plus je me rapproche de la porte ouverte, plus la foule se fait dense, et plus les personnes vont de vive allure.
La poche de survis que dessinait la foule se brisant devant moi se resserre peu à peu, me faisant prisonnier de ce flot d'individus ordonnés.
Cette foule anonyme qui s'engouffre dans ces vieux escaliers me happe et m'absorbe. Je ne touche plus le sol, je suis véritablement porté par ce flux et entraîné dans les escaliers. Alors se refait le chemin du dernier rêve, sans les goûtes de sang ni la fille, mais avec cette fois une centaine de personnes m'emportant avec eux. De dos cette fois, j'entre dans la lumière, et sur le dos encore une fois, je me réveille sur mon lit.