Je suis impatient.
De connaître ma vie là-bas.
Ecrit le dimanche 31 Juillet 2005, à 00:11. Deux cent soixante-quatrième ticket.
Les soirs avant de dormir, je pense à ce que va bien pouvoir être ma vie ponote. Ce n'est pas de la peur que je ressens, c'est de l'excitation. Toutes les nouvelles personnes que je vais rencontrer, une nouvelle boulangère, de nouvelles bibliothécaires, de nouveaux vieux vicieux poilus ancien joueurs de Djembé nommés Roger sur les bords de la loire.
Et puis une classe entière de nouvelle tête. Une fourrée de jeunots de mon age qu'il va falloir que je découvre, que j'apprenne à connaître. Il va aussi falloir que je réussisse à convaincre mon nouvelle environnement qu'ils ne peuvent pas vivre sans être ami avec moi, et que ça tient du miracle qu'ils aient survécus jusque là.
J'ai soif de challenge, j'aime cette période de reconquête. J'aime savoir que je suis seul, avec moi-même, face à tous ces inconnus, qui pour la plus part, le sont aussi entre eux.
J'aime les nouveaux établissements aussi. Arriver dans un endroit totalement aberrant dont la logique nous surprend pour en sortir quatre années plus tard la larme à l'oeil.
Ca me tarde d'autant plus que cette période me barbe. Faire des cartons c'est intense. C'est dur de revivre intérieurement tous ces moments qu'on a vécu en présence de l'objet qu'on emballe dans les pages d'un ancien numéro du Nouvel Obs'.
Je suis en train de jouer dans ma tête au Yoyo entre mon passé et mon futur.
Quelqu'un à dit : A avoir un pieds dans le passé, et l'autre dans le futur, on finit par pisser sur le présent.
Et c'est totalement vrai.
Je continue à vivre, heureusement, mais avec une chambre tout aussi en désordre que l'est ma tête. Concrètement, tout ce qui était dans les meubles avant repose sur le parquet usé et attends patiemment d'aller hiberner dans un carton de mauvaise qualité fourni par notre déménageur.
Un rêve revient avec une certaine lourdeur hanter un grand nombre de mes nuits.
Je suis dans mon futur établissement, le jour de la rentrée.
Ma classe se compose de personnes ressemblant à celles que je connais d'ici, à Oloron. Leurs voix et leurs comportements sont totalement différents, ce qui en soit, est assez choquant.
Une prof nous briffe sur ce que sera notre année de première. C'est une prof de français, qui est à s'y méprendre ma prof de français de 4ème, la première à avoir reconnus que j'écrivais des trucs pas trop merdiques. Elle aussi à un comportement différent, même peut être agressif.
Ce rêve c'est un sémaphore qui s'agite comme un jeune chiot dans mes chimères pour me faire comprendre et admettre plusieurs choses importantes. Les gens que je vais retrouver là bas seront différents de ceux que j'ai connu ici. Il ne faut surtout pas que je parte à leur conquête avec des a priori qui seront sans doute faux.
Cette nouvelle épreuve est en train de me rendre encore plus désinvolte que je ne l'étais avant.
Tout me devient égale, ma carapace se reconstruit bien vite, je trouve.
Film dévastateur.
Super sensible ?
Ecrit le mercredi 27 Juillet 2005, à 00:21. Deux cent soixante-troisième ticket.
Le générique du film est arrivé, juste au bon moment. Une happy end comme j'espérais. Tout se passe si formidablement bien dans les films, même quand c'est une merde incroyable au tout début, à la fin, tout est en ordre et bien rangé.
Dans les films on a pas mal au crâne, on n'est jamais en manque d'inspiration quand on arrive devant la feuille blanche de Word. Dans les films, on déménage rarement, et quand ça arrive, on croise très rapidement dans notre nouvelle ville des anciens amis avec qui on a joué en couche culotte.
Tout est toujours si bien fait. Tout est toujours si beau, et bien comme il faut. Comme un rêve.
Rêver.
On est vite sorti de la salle du cinéma. Mon portable m'annonçait deux amis. 1017, un commentaire sur mon blog, et un message de S. me demandant si le film avait été bien.
Le film, sacré film, le genre de film parfait pour vous renvoyer à vous-même, le genre de film qui vous laisse dans un état de déprime avancé, sans même vous expliquer votre état, sans même fermer la porte en sortant.
Les Poupées Russes.
Ce film est dangereux.
Je l'ai salué, sa mère était déjà arrivée. Elle pouvait même me ramener chez moi si je le voulais. Jamais, dans mon état, je n'aurais préféré le confort d'une voiture à la solitude d'une balade nocturne. Et même s'il me le proposait présentement, je n'étais pas en état de rentrer chez moi sans une coupure digne de ce nom.
J'ai traversé la route, et je suis rentré dans le jardin public. Des larmes ont essayés de sortir, mais ce fut des larmes sèches. Je ne sais pas pleurer quand j'en ai envi, ni même quand j'en ai besoin. Les yeux mouillés, juste à peine. Je ne serais même pas capable de devenir pleureuse, comme le conseil Scarron à son Hélène.
Sur cet échec lacrymal, je me suis levé du premier banc que j'avais trouvé, pour aller rejoindre là fontaine qui pouvait pleurer pour moi.
Bercé par le bruit de l'eau, j'ai réfléchis en m'en grillant une, et en anéantissant jusqu'au dernier les schtroumpfs en gélatine achetés pour le film.
Ce que je vis ne peut être écrit, ni en ticket, ni en nouvelle, ni même en roman. Ce que je vis n'a pas de début ni de fin, s'arrête et recommence comme lui en prends l'envie.
Cette nuit, seul devant ma fontaine de coeur, j'étais Dieu.
Scrutant le ciel et ses étoiles, regardant d'un air suffisant autour de moi le néant de la nuit oloronaise. Même le souffle de l'air - tiède - était parfait.
Je suis Dieu.
Dieu, c'est personne, et c'est un peu tout le monde.
Tout s'accumule.
Le départ, lui, les cartons, mon année de 1er, le film, lui, les prochaines nouvelles rencontres, les amis, mon avenir, le déménagement.
Etant Dieu, il faut que je trouve cette foutu machine où on peut appuyer sur pause pour souffler un peu ...
Ou peut être que je l'ai déjà trouvé, cette machine, seul, devant ma fontaine...
Roger, le Retour
Ou : Celui qui avait survécu à l'hydrocution.
Ecrit le mardi 26 Juillet 2005, à 11:04. Deux cent soixante-deuxième ticket.
Ceux qui ont suivis mon blog ces derniers jours se souviendront d'un homme, ancien joueur de Djembé, que j'avais rencontré au bord du gave, sur une plage de gros sable, poussiéreux et collant. La nature est si bien faite, que cet homme - qui, pour les besoins de ce ticket s'appellera Roger - possède exactement les mêmes caractéristiques du sable de la plage. Il est gros, poussiéreux, et surtout, collant.
Parler semble être une pulsion maladive pour lui, il ne peut s'en empêcher. Seul ou avec des personnes ne l'écoutant pas plus, il parle de rien. Il commente ce qu'il voit, se plein que les truites ne mouchent pas, que les mouches ne truitent pas, que le gave a sacrément baissé parce qu'il a des cailloux qui lui servent de repère et que hier quand il est venu, le grand rocher blanc, sortait pas de l'eau.
C'est la sécheresse qui est annoncée si l'eau continue à baisser de cette manière, sans oublier tous ces agriculteurs qui pompent les ressources de l'homme, parce que l'eau c'est la vie. Ils tuent les poissons ces gens là, et Roger le sait bien. Il est à l'environnement dans une grosses entreprise qui fait je ne sais pas trop quoi qui puisse avoir un rapport à l'environnement. D'ailleurs Roger il est super important, parce qu'avec toutes ces nouvelles mesures pour la nature, et bien son patron il lui a demandé de ne prendre que deux semaines de vacances, au lieu de trois, pour pas que quand il reviennent au boulot, tout soit en bordel.
Mais de toute façon, Roger, ça le gène pas, parce qu'il aime son travail, c'est le plus important peut être, d'aimer son travail. Et puis, cette année, il ne partira pas en vacances, parce que la région lui convient très bien, c'est vraiment une région géniale.
Pendant ce temps, je lutais comme un titan pour réussir à commencer le chapitre 29, et dépasser la page 244 de mon Fred Vargas. Chacune des affirmations de Roger m'arrivaient à des intervalles sadiquement calculés qui me faisaient à chaque fois perdre ma ligne, ma phrase, et m'obligeait de recommencer du début.
- « Tien, y'a pas de saumon en ce moment »
Adamsberg feuilletait à sa table un tas de saumons aux titres assez dévastateurs ... merde c'est quoi cette histoire de saumon ? Ho, encore lui !
- « Pardon ? » (J'en redemande, je suis maso)
- « Et bien, quand je viens ici, souvent, y'a des saumon qui remontent »
- « Ils doivent être en congé eux aussi »
** Regard outré **
- « Pardon ? » (Et lui il n'a pas d'humour)
- « Non, ce n'est rien, oubliez »
- « Mais, c'est de la faute des agriculteurs ! »
- « Oh ? Zut ! Encore eux ! »
- « Oui, avec leur nitrate, ils foutent plein d'algue dans l'eau »
- « Les salops ! Mais c'est bien pour les saumons, ils s'amusent dedans »
** Silence **
- « Bon je vais y aller moi »
(Hourra, trop bien, Super !)
Je suis quelqu'un qui vit dangereusement, car hier, nous étions seul, lui et moi, sur la plage. Il aurait très bien pu me violenter sexuellement à coup de saumon.
Rassurez vous, je suis toujours en vie.
Comble et découverte
C'est une sous-marque de nature et découverte.
Ecrit le dimanche 24 Juillet 2005, à 01:19. Deux cent soixante et unième ticket.
Deux choses banales, en cette tarde fin de soirée :
Je crois que j'ai découvert ce qu'était le comble : Rentrer chez soi à minuit et demi à pieds depuis l'autre bout de la ville, jeter ses affaires en vrac et se plonger dans le frigo, pour en ressortir avec des reste de bolognaises qu'on décide d'étaler sur des tranches de pain grillées et nappées d'huile d'olive.
Une fois le frigo vide, il est facile de transformer cette scène de boulimie en comble, en buvant une tisane Ligne Svelte avec énormément de sucre. Moment unique.
J'ai une très mauvaise nouvelle.
Lucas, Léa, Manon, Théo, Thomas, Emma, Chloé, Camille, Hugo, Enzo, Maxime, Clara, Clément, Océane, Léo, Antoine, Sarah, Marie, Lucie, Mathis, Louis, Quentin, Alexis, Jade, Lisa, Romain, Mathilde, Tom, Laura, Pauline, Nathan, Baptiste, Eva, Paul, Mael, Alexia, Loic, Maelys, Lorie, Bryan, Erwan, Esteban, Axelle, Andrea et Yasmine sont mort cet après-midi dans le fond d'une bouteille de bière vide, dans des conditions atroces : l'eau bouillante au milieu d'un feu de bois.
Nous regretterons tous ces têtard cobayes, qui ont donnés leur corps et leurs entrailles en spirale marron à la science expérimentale.
Merci.
La maladie du Croire qu'il est possible
Je suis gravement atteint.
Ecrit le vendredi 22 Juillet 2005, à 18:35. Deux cent soixantième ticket.
En cette douce soirée, je suis énervé. J'ai envi de balancer des catalogues La Redoute à tous ces immuables mollusques pour qui des personnes se trouent le cul à organiser des trucs sympas, pendant qu'eux, tranquilles, attendent que ça vienne, et si possible, commentent les failles de l'organisation.
Je suis né avec un défaut : celui de ne pas savoir que certaines choses sont impossibles. Mais aussi avec un autre gros défaut, qui m'empêche de baisser les bras même quand tout devient très dure.
Et bien, j'ai trouvé le remède à ces défauts, remède qui au prix d'une démoralisation totale, me permet de baisser enfin les bras, et d'arrêter de batailler pour rien. Oui, je les ai enfin trouvés, ces mollusques comparables à des sangsues, qui aspirent sans relâche mon énergie et ma joie de vivre, laissant derrières eux, un ado chargé d'une immense boule à l'estomac, boule de colère et de déception.
J'ai bien compris que ces derniers jours sur le sol oloronais allaient être rythmé par divers conflits ethniques entre le Béarn et le Bourbonnais, avec comme soldats, moi et mes amis.
Je sais que ces derniers jours ne seront pas parfaits, je ne l'espère même plus.
C'est une erreur sans doute de prendre à coeur comme je le fais, tous mes projets, mes idées, mes opinions. J'ose espérer qu'au dépend de ma joie, cela me conduira un peu plus loin
que les autres; et je sens que je resterai, original, fou, excentrique, mais surtout incompris, encore un bon nombre d'années.
En ce Vendredi 22 Juillet 2005, jour de l'arrivée du tour de france dans ma ville future, je redécouvre ce que c'est de se dire qu'on marche seul. Je pense que je suis en train de me transformer en une
Léa d'origine controlée.
Mais vraiment, ce soir, j'ai des envies de meurtres.
Edit de 23h19 : Rien de tel qu'un pique-nique dans la nature avec S. pour retrouver le sourire.
Y'a des hydrocutions qui se perdent
Non, je l'ai pas dit !
Ecrit le jeudi 21 Juillet 2005, à 00:29. Deux cent cinquante-neuvième ticket.
Je commence à me demander si la théorie de la gravitation universelle n'est pas applicable avec les humains, avec comme paramètres certains types de comportements.
Il me semble que j'attire les gens qui ont envi de parler ou qui en ont le besoin absolu. Enfin, besoin absolu ou non, c'est pas une raison pour me voler du temps pour si peu de choses alors que je suis tranquillement en train de me dorer au soleil sur une plage de sable noir au bord du gave d'Oloron.
Il devrait y avoir des règles, des lois précises quant aux limites dans le gène que peuvent provoquer des personnes à d'autres. Il faudrait aussi punir sévèrement tous ceux qui n'ont rien à dire, ou qui répètent la même chose, et qui pourtant, arrivent à continuer de parler.
Il faudrait que nous jouissions d'un droit de veto légitime pour dire merde aux gens, évitant ainsi de leur faire comprendre par diverses manières, qui sont généralement : ne plus les écouter, leur répondre par des « hein-hein », montrer ouvertement qu'on en a rien à foutre de leurs histoires, ou encore se foutre de leur pomme.
N'empêche que j'hallucine :
Je reprends depuis le début pour expliquer pourquoi je dis ça.
Je suis avec des amies sur une mini plage, au bord de l'eau. Arrive un raft avec des gens dedans, qui font escale. Vite, j'en profite pour me renseigner, demander des prix, des modalités diverses, l'historique du rafting en Haut-Béarn depuis 1907, des banalités quoi. Enfin les rafteurs repartent
Je retourne à ma serviette avec mon bloc note noir de ce que je viens d'entendre, et voilà qu'un trentenaire improvisé plagiste m'interpelle.
- « Ils vont jusqu'où comme ça ? »
- « Et bien Aren, un peu plus bas sans doute »
- « Ha, ce n'est pas une super sortie »
Si seulement vous saviez à quel point ce que vous me dites me fait une belle jambe
- « Tien donc ? Vous en avez déjà fait ? »
Grosse erreur
- « Oh, oui et plusieurs fois, à partir de Navarrenx, jusqu'à Sauveterre de Béarn, ça secoue, je peux vous le dire »
[Blablabla]
Je suis persuadé que c'est un Joueur de Djembé reconverti.
Plus vicieux encore.
C'est dans ces moments là que le sadisme s'empare de nous, et on salive en pensant à tous les moyens pour le faire taire.
Et en plus, il avait un shorty moulant.
Anna Chronisme
Et son chien Roger.
Ecrit le dimanche 17 Juillet 2005, à 22:37. Deux cent cinquante-huitième ticket.
Avant tout, petite note culinaire, je me suis rendu compte aujourd'hui qu'on pouvait faire des sauces au curry sans curry, mais ce n'est pas vraiment intéressant.
Et puis cette idée est copyrighté, et un jour, je deviendrai riche en la vendant à marmiton. Toc.
Ceci étant fait.
Ma maison donne sur une rue lugubre anciennement grouillante d'ouvriers et aujourd'hui de vermine dévorant les ruines des usines des années soixante. Dans cette rue habite dans une vielle maison rouge pâle, une très vielle dame à qui on peut difficilement donner un age. La penser octogénaire serait se voiler la face, l'imaginer centenaire pourrait être considéré comme une insulte. Je ne m'aventurerai donc pas sur son âge, qui après tout ne regarde qu'elle, et qui est d'une utilité moindre pour ce qui est de la compréhension de mon récit.
Alors que je rentrais chez moi cette après-midi, et que je remontais cette interminable rue sinistre, j'ai doublé trois dames d'un age avancé (mais moins que le croûton de la maison rougeâtre) qui s'occupaient à leur promenade journalière, sortant ainsi leurs chiens moches aux patronymes humains. La dame dont-on-ne-doit-pas-prononce-l-'-âge était à sa fenêtre de son premier étage guettant l'arrivée de ces charmantes dames aux chiens chieurs.
Pour compléter le tableau, il y avait moi, faisant malgré-moi baisser la moyenne d'âge de la rue de quelques vingtaines d'années. Je m'en excuse d'ailleurs auprès de l'INSEE.
C'est du haut de son perchoir que l'antédiluvienne femme apostropha les trois promeneuses avec une voix qu'on aurait cru provenir de quelques bulles d'air s'éclatant à la surface d'un marécage vert et puant.
- « Vous voulez un chat ? »
- « Un chat ? »
- « Oui, un chat, j'en ai trop (T'as qu'a pas les nourrir, et ils te tiennent compagnie devant Question pour un Champion alors de quoi te pleins-tu ?) et je ne peux plus les sortir ! »
- « Mais très chère dame, que voulez vous que nous fassions avec un chat ? »
Pardon, mais je trouve cette réplique con.
- « Et bien, je ne sais pas, que vous en preniez soin, c'est câlin un chat »
J'ai découvert aujourd'hui que même vieux, on pouvait clamer des idioties grosses comme le monde. Ca me rassure en quelque sorte
C'est alors qu'une des trois femmes qui s'était jusque là merveilleusement bien retenu de dire quoi que ce soit craqua, et se mis à dire quelque chose de déplacé.
- « Bon, Il est de quelle couleur ce chat ? »
Je suis peut-être vieux jeu, mais pourquoi est-ce qu'on peut vouloir savoir de quelle couleur est un chat, avant même de connaître son nom, son caractère, ses habitudes.
Je vais me lancer dans l'édition de communiqués qui se chargeront de rappeler à la populace que les chats ne sont pas des objets d'art moderne qu'on accorde avec plus ou moins de goût à son intérieur, mais bel et bien des animaux, qui vivent, mangent, et font des crottes.
Merde à la fin.
Je me suis alors enfoncé ma sucette à la pastèque dans les oreilles pour ne plus subir ces échanges d'un autre siècle.
Ne pas se balader sans Ipod dans la rue en restant au contact du monde dans lequel on évolue est quelque chose de dangereux qui peut choquer les âmes les plus sensibles.
Heureusement, j'ai survécu.
Ticket pour les Geeks
et pour les autres aussi.
Ecrit le dimanche 17 Juillet 2005, à 01:51. Deux cent cinquante-septième ticket.
Déjà,
Google Earth pour ceux qui ne connaissent pas encore, qui est un programme de visualisation du monde avec superposition diverses d'images satellite éparses sur la presque totalité du globe.
Avec même la possibilité de zoomer, c'est fabuleux.
Autre chose,
Blogwise a développé un
pluggin pour le programme que je viens de mentionner, qui permet d'ajouter sur notre planète, la location des blogs qui sont référencés dans cet annuaire.
Ce qui fait que
je suis repéré.
Utena, tu l'es aussi !
Sans jeux
Jeux de mots, jeux de poireaux.
Ecrit le vendredi 15 Juillet 2005, à 13:49. Deux cent cinquante-sixième ticket.
Trop de fatigue accumulée pour faire un ticket correct. Ai malencontreusement tué cinq ou six fourmis qui s'adonnaient à mon ascension durant mon sommeil. N'aime pas avoir mal partout pendant une journée après avoir dormis dans une tente. N'aime pas non plus avoir mal partout pendant une journée après avoir veillé dans une tente, mais ce n'est pas le propos. Ne supporte pas avoir la peau du visage des lendemains de fêtes. Ne supporte pas avoir une peau de visage de chiotte les lendemains d'abus, et c'est un peu plus le propos. Rêve d'un monde parfait où tous les jours seraient des 14 juillets sans jamais de veilles ni de lendemains. Savourerait une bonne douche, ou plutôt un bon bain, mais plus encore une journée au bord de la plage. Aime avoir son eastpak plein de sable.
Le poids des mots
Le choc des photos
Ecrit le jeudi 14 Juillet 2005, à 00:16. Deux cent cinquante-cinquième ticket.
Cette affirmation va sans doute révolutionner le monde : "Les mots ont un sens, des groupes de mots on en un autre".
Ouais, ça révolutionne vachement.
C'est un principe qui est acquis par tout le monde et sur quoi les dictionnaires veillent à la lettre.
Moi, mon cerveau est conçu d'une manière particulière, manière peut être un peu davantage torturée par le gonflement de mon ego. Je tiens à ce que les choses soient dites, et que, quand ces choses sont dites, qu'elles le soient correctement, pour ne pas dire parfaitement. Cela bien sur n'est valable que dans le domaine de l'écrit, qui ne permet pas tout ce que permet la parole.
Prenons un exemple que j'ai sous la main, que je viens d'expérimenter.
Critique : Tu veux toujours mieux que les autres.
Décomposons ensemble.
« Tu veux » : Traduit quelque chose de carré, de stricte, qui s'impose impérialement, aux autres, à moi.
« Toujours » : indique l'acharnement buté du mâle en manque.
« Mieux » : Noyau de la phrase. Rien à en redire.
« Que les autres » : Inclus une certaine suffisance, et surtout un profond mépris envers ces autres. Que me veulent ces pauvres gueux ? Je suis mieux, je suis enfermé dans mon complexe de supériorité bidon.
Même si je souhaite au fond de moi je sais très bien que l'intention originel n'était pas de dire tout ça, je ne peux m'empêcher de m'arrêter aux mots et je m'interdis d'éprouver quelque sorte d'empathie envers cette personne qui vient de m'insulter.
Reformulons la phrase pour qu'elle soit vraie : Tu veux toujours le mieux. Point.
La critique est peut-être maintenant délavée mais est correcte et légitime.
Il faudra un jour que les gens prennent conscience des mots qu'ils utilisent. Les phrases ne se construisent pas au hasard.
Je ne sais plus quel auteur à écrit ça, mais c'est tranchant de vérité :
L'écrit est un moyen de communication des plus prémédités.
Il y a donc circonstances agravantes.
Pour le plaisir de tous
Nouvelle fonctionnalité
Ecrit le mercredi 13 Juillet 2005, à 18:52. Deux cent cinquante-quatrième ticket.
Dans un moment de détermination profond, je me suis décidé à développer le système de Trackback qui me faisait rêver depuis longtemps. Le principe du Trackback permet d'avertir les blogs à propos desquels nous avons réagis. Cela permet de faire un peu de pub gratuite, c'est indéniablement un puissant outil marketing.
Maintenant, si quelqu'un réagis à propos de mes élucubrations, cette personne pourra en premier lieu m'avertir automatiquement, et en second lieu, apparaître listé sous les commentaires, et ce automatiquement, si elle entre correctement la bonne adresse du Trackback (qui se trouve dans l'attache-sofa) dans son outil de blogage compatible.
Je trouve ça magique, mais bon, ayant tout développé de A à Z, en essayant de respecter au mieux les spécifications, je doute que cela fonctionne sans accrocs, au début.
Qu'est-ce que j'aimerais être vous pour pouvoir me Pinguer
Carton Rouge
Grand cru 1984
Ecrit le mercredi 13 Juillet 2005, à 00:18. Deux cent cinquante-troisième ticket.
Microsoft Outlook 2003 me signale avec goût qu'il ne me reste plus qu'un mois moins un jour avant le déménagement. Pour le moment, je n'ai fait qu'un carton, et selon les quotas familiaux, c'est trop peu. Nous sommes en 2005 merdes, quelqu'un aurait pu trouvé une solution qui éviterait de faire des cartons...
... Son invention aurait fait un carton.
Il m'indique aussi clairement que mon emploi du temps de ces dernièrs jours est vide, très vide, trop vide. Quelques jours sans mes chéries pour me donner des raisons valables de sortir, et me voila désorganisé au possible, occupant mon temps comme un geek.
Je n'ose même pas imaginer ce qu'il sera du début de ma vie ponote. Il me faudra du courage pour trouver des raisons de sortir, et rencontrer relativement vite, des personnes intéressantes.
De toute manière, connaissant les lenteurs de l'établissement des liaisons ADSL, il me faudra sortir presque quotidiennement, pour aller au cybercafé.
Ma vie va être folichonne.
Ha, ça.
Une plume plantée dans les planches.
A répéter 50 fois pour avoir une crampe à la langue.
Ecrit le mardi 12 Juillet 2005, à 19:38. Deux cent cinquante-deuxième ticket.
J'ai retrouvé dans mes dossiers une petite pièce de théâtre écrite entre Toulouse et Pau en voiture. Cela met en scène primitivement la vie de monsieur Radis, qui pour regagner l'amour de sa femme part à la recherche de « La Boucle », le bijoux le plus précieux et le plus recherché du monde. Il forme son équipe et part en expédition.
Bien que le scénario soit branlant de toute part, pour ne pas dire tordu et illogique, cette scénette avait plu à l'époque à mon prof de français et à mes amis.
Le plaisir que j'avais eu à l'écrire me fait me demander si je ne devrais pas me lancer dans l'écriture d'une pièce plus «sérieuse».
En tous cas, en attendant, j'ai changé les cordes de ma guitare, et ça, je SAIS que ça va vous aider à mieux dormir cette nuit.
Question d'éthique
étteu
Ecrit le dimanche 10 Juillet 2005, à 23:32. Deux cent cinquante et unième ticket.
Mail : Salut, tu passerais quelques jours sur paris chez moi si je te paie le voyage et 100 euros par nuit passée ensemble? Suis tendre, passif, adore sucer
Vous ne trouverez pas cette formule de découverte de la vie parisienne dans toutes les agences de voyages... Non, ça ne risque pas.
Bien que je ne puisse répondre autre chose que 'non', il se pose à moi un sérieux cas de conscience. Est-ce que je serai capable de louer mon corps à quelqu'un pour récupérer quelques euros ?
Si cette question est née dans mon esprit, c'est bien signe que l'étendue de mes principes n'est pas infinie. Oui, ces principes inculqués, gravés en nous par nos modèles d'adultes quand on était petit. Jamais je n'ai entendu dans la bouche de mes géniteurs : « Tu ne couchera pas pour de l'argent »
Donc la question reste entière. Et je ne suis pas avancé.
Mais douter, c'est acquiescer un peu.
Quoi qu'il arrive, 100e par nuit, c'est trop peu.
Constatation puis dépression
La fin d'un mythe ?
Ecrit le dimanche 10 Juillet 2005, à 16:30. Deux cent cinquantième ticket.
Je veux trouver la solution magique qui me permettra de tenir plus d'une demi page Word et d'éviter de tout fermer en perdant assez plaisamment ce qui vient d'être écrit. Je veux retrouver la verve qui m'a accompagné un certain temps, me dire qu'il est encore possible...
Suis-je vraiment un artiste, et finirai-je un jour Journaliste, si je commence déjà à me méfier de l'écriture, qui au début était pour moi un soulagement, qui est devenu ensuite une manière de briller, et qui est maintenant la preuve d'une certaine faiblesse de l'âme ?
Une source peut se tarir et disparaître.
Est-ce que je suis en train de suivre ce lent processus qui s'achèvera avec l'oublie de mes rêves et la mort de mon être ?
Le débit de mes tickets s'est franchement réduit. J'ai eu une période, peut être de profond mal-être, où je postais presque quotidiennement. Cette période est loin maintenant, très, très loin. Je vais mieux depuis mi 2004, c'est évident. Je vais peut être trop mieux, et secrètement, je préférerais ne pas avoir vécu tout ce que j'ai vécu, je préférerais aller aussi mal qu'avant, rien que pour avoir quelque chose à dire ici.
La solution serait bien sur de fermer ce blog, car la preuve est que ce blog n'a en fait servis qu'à me soulager moi-même, sans aucune autre prétention. Mais non, je refuse de baisser les bras aussi facilement, bien que les signes annonçant mon déclin sont visibles depuis septembre.
Je crois encore que je suis capable d'écrire. Enfin non, je ne crois plus vraiment à ça.
Je me remet en question sur énormément de choses. Je perds en partie ma suffisance. Je n'ai aucun don, vu que je ne suis pas capable de l'utiliser plus d'un an.
Et Je n'ai même pas de trucs à dire.
C'est comme si je m'étais construit une estrade, ou plutôt une chaire de laquelle je racontais ma vie comme un prêtre aurait raconté la vie de Jésus. Des gens se sont rassemblés autour de cette chaire, pour m'écouter, me conseiller, me juger.
Maintenant, je me retrouve muet, devant cette foule de regards braqués sur moi. N'avoir aucun visiteurs m'aurait permis de ranger mes affaires et de partir discrètement mettant cet échec sur les faiblesses du bouche à oreille, ma non indexation dans les plus grands moteurs de recherches, ou encore d'autres raisons ne dépendant pas de moi.
Mais là je vois que j'ai été incapable. Incapable tout court.
Je le vis comme un échec.
Peut-être est-ce que je met la barre trop haut, jugeant qu'un trop petit nombre de choses peut gagner le privilège d'être publier ici. C'est sans doute pas loin de la réalité. Avant j'écrivais pour moi, maintenant, j'écris pour nourrir les autres, avant de penser à moi. Ca demande donc une sélection, une certaine censure. Je m'interdis d'embêter les gens avec ce que je suis, je ne veux pas non plus parler de mes problèmes de coeur. Ce que j'ai fait ces derniers jours n'est pas quelque chose de très intéressant, et je ne me permets presque plus de critiquer les autres gratuitement.
Il faut que je me pose et que je réfléchisse à la cible de ce blog, pour ensuite définir quels seront les axes éditoriaux envisageables ... Stop.
Je crois que j'oublis qu'au final, ce n'est qu'un blog, et seulement un blog.
Nota : L'incohérence profonde entre mes différents paragraphes traduit assez correctement le bordel qu'il y a dans ma tête en ce moment. Cela trahis aussi le doute, le doute qui monte et qui s'installe. La perte de confiance en soi.
J'ai donc beaucoup de travail sur moi-même à réaliser, je vais aller me plonger dans « Oser, Thérapie de la confiance en soi » par Frédéric Fanget. Oui, ce livre était dans ma Wishlist amazon, mais aussi, et je l'ignorais, dans la bibliothèque familiale. Je n'ose pas déclarer de blog en stand-by, de peur de le regretter, je regrette toujours ce que je fais.
Nouveau départ.
Encore un
Ecrit le samedi 09 Juillet 2005, à 16:08. Deux cent quarante-neuvième ticket.
Après avoir goûté la saveur fortement suave de la vie biarrote, et après avoir fait un interminable trajet en train et découvert les composteurs nouvelles génération, j'ai eu l'envie de changer le lay-out de mon blog.
En à peine un jour, j'ai accouché de quelque chose que je cherchais, à la fois sobre et ludique. Il sera un petit peu modifié dans les jours qui suivent, amélioré, pour qu'il me convienne, pendant un an encore ?
Car oui, il y avait bien un an que le blog n'avait pas changé de peau.
Je veux retrouver le plaisir que j'avais avant à écrire, à écrire tout et n'importe quoi, à dire des conneries sans se poser des questions sur le style.
Je veux être il y a un an.