Les limites de la démocratie
Ou : Le dialogue de sourd
Ecrit le lundi 30 Mai 2005, à 18:05. Deux cent trente-huitième ticket.
Françaises, Français,
Hier soir, à 22h et 07 secondes, les résultats sont tombés, et ont fait mal au coeur à tous les jeunes qui ont réfléchis au problème, et qui ne se sont pas laissé influencer par leur entourage.
Mais les discussions que j'ai pu mener avant le referendum me font relativiser.
Concrètement je me dis : « Ouf, le français n'est pas bête, il est juste incapable de répondre à la bonne question au bon moment »
Les sondages me suivent dans mon état d'esprit. Selon les résultats d'une enquête que j'ai entendu sur France Inter (Inter ? Info ? Il y France en tous cas) ce matin, les Non, sont à 60% dirigés contre la situation politique « conflictuelle » française.
Il faut donc relire les résultats...
45% pour le Oui à la constitution
22% pour le Non à la constitution
33% pour le Non au gouvernement.
Et de cette manière, le Oui est en tête.
Le problème c'est que les français n'ont pas compris ce qui leur était pourtant clairement demandé. Le français s'est montré égoïste comme il sait si bien le faire, en pensant uniquement à ses petits intérêts personnels, ou pour le plaisir de mettre des bâtons dans les roues de l'Europe. Car oui, quand on observe certains leaders politiques, fabuleuses têtes à claque, pour ne pas le citer, l'arrogant Emmanuelli, ou encore la prétentieuse Marine Le Pen, quand on regarde ces gens évoluer, réagir, parler, on se pose des questions leur bonne santé mentale. Pourquoi ne jouiraient-ils pas sexuellement en foutant la merde ?
Doit avoir pas mal de rêve de la dent qui tombe chez eux.
Heureusement, le gouvernement sait que le peuple s'est trompé. Le problème c'est qu'ils le savent un peu trop bien, et ils ont affronté le problème en face, au risque de donner dans les yeux du Vulgaire dans l'illogisme.
Combien de fois on nous a répété qu'il ne fallait pas se tromper de questions ? Même le président nous l'a soufflé à quelques jours du referendum.
Ainsi, si on résonne logiquement, le non se porterait contre la constitution et Chirac n'aurait aucune raison de changer quoi que ce soit dans son gouvernement.
Mais si en effet, Chirac montrait qu'il peut faire confiance aux français, qu'ils ont bien compris la question, en ne changeant pas son gouvernement comme il s'apprête à le faire, la France entière serait toute en train de raller, et les politiciens en train d'essayer d'utiliser cette confiance aveugle comme un levier qui les mènerait à la présidence.
Or, et heureusement, ce n'est pas le cas. D'une manière illogique (comparé au raisonnement que je viens de développer) le président va dissoudre, changer, bref, faire ce qu'il veut avec son gouvernement, comme si les français avaient ouvertement dit non au gouvernement.
Avoir mis cette décision dans les mains des français, ouvrons les yeux par pitié, n'est pas une idée géniale. Mais bon, le français n'est pas non plus si bête que ça, et la faute ne repose pas entièrement sur lui. Si seulement on lui avait mieux expliqué....
Démagogie, démagogie !
Nous avons peut être mis le doigts sur ce qu'on peut appeler les limites de la démocratie. J'entends déjà des bouchés me traiter de monarque ou d'extrémiste...
Maintenant, mon avis personnel.
Nicolas Sarkozy et le seul qui as réussis à se mettre en valeur sans tirer lâchement dans les pattes de ses collègues politiciens, sans crier tout ce que les autres n'avaient pas fait, mais en criant ce qu'il ferait. Il n'a donc pas eu besoin de la nullité des autres pour qu'on le remarque. C'est un des seuls de sérieux. Il faut donc qu'il arrive ce qu'il doit arriver.
Vive la République et Vive la France.
Qui suis-je ?
Où vais-je ?
Ecrit le mercredi 25 Mai 2005, à 21:02. Deux cent trente-septième ticket.
Avant-hier, ma mère me dit :
- Ton obsession de ton image m'inquiète
- Ah bon ?
- Oui ! Ça devient répétitif, obsessionnel, puis aussi qu'il faille que tu te regardes sans cesse dans le miroir... Et tu en es même à faire attention à la hauteur du sac !
- Mouais, je ne trouve pas.
- Si, Si ! Ça tourne au TOC, et ça m'inquiète.
Je trouve ça énormément agréable de se faire traiter de malade par sa mère. A ce propos, je souhaite à tous ceux qui ont des tocs d'être comme moi. Enfin bon c'est un autre problème.
Cette nuit, j'eu une révélation, ma mère n'a pas trop tord.
Ma mère n'a jamais tord, donc bon.
Il se trouve que cette nuit, j'ai refait le rêve que je n'avais pas fait depuis longtemps, celui où inlassablement, je perds mes dents.
Ce qui me fait peur, c'est que je me suis rendu compte à plusieurs reprises que c'était un rêve, plusieurs fois, j'ai réussis a émerger, et presque a ouvrir un oeil, mais dès que je reposais ma tête sur l'oreiller, mes dents se remettaient à bouger, puis a tomber, puis le retour de cet étrange goût de sang, et les dents et leurs racines qui écorchent le palais.
Je me suis d'ailleurs rendu compte ce matin que j'avais vraiment le palais écorché.
Allez savoir comment ? Pourquoi ?
Voix de la presse, pensée du peuple
Changement de tendances.
Ecrit le lundi 23 Mai 2005, à 13:08. Deux cent trente-sixième ticket.
La loi étant passée, le mot officiel pour dire blog est bloc-notes.
C'est franchement mal choisi, mais c'est officiel.
Le phénomène de diabolisation que les blocs ont subis il y a peu de temps semble s'être étouffé.
Ouf.
Récemment, les médias criaient que les blog des adolescents était le mal, que ça virait au n'importe quoi, que ce n'était qu'un moyen pour les jeunes de s'attirer des ennuis. Bon, ce n'est pas tout à fait faux, vu que la majorité de ces blog de jeunes sont des skyblog suant l'hypocrisie non retenue et la démagogie à outrance.
Loin de moi l'idée de dire du mal de ce genre de blog, je trouve cela tout à fait normal qu'on «Kiffe tro tro cet feumé (Le verlan du verlan ...)» parce que celle-ci est «Tro méga méga génial, tro marante é tro bonne»
La contenance artistique des blocs cités est telle, que je ne peux me permettre de remettre en cause leur bien fondé.
Bref.
La tendance à l'air de s'inverser. Les blocs ne sont plus décrits comme des vipères qu'il faut absolument étrangler, mais plutôt comme un phénomène de mode inévitable qui a du bon, et qui selon Pierre Bellanger, (président de skyrock et donc des skyblog, le support de publication des récits aussi bien littérairement que culturellement intéressants) «[Les blocs] peuvent aussi être des outils extraordinaires dans le processus d'éducation »
Source lemonde.fr
J'ai des doutes quand à l'influence des skyblogs sur le processus d'éducation, enfin cela reste mon problème. Au pire, ça éveillera peut être quelques vocations d'écrivains.
Je sais, je suis drôle.
A propos de Lemonde.fr, je m'interroge un petit peu.
Mes statistiques m'annoncent beaucoup d'entrées sur mon blog en provenance de webmails (comme yahoo.fr, wanadoo.fr, noos.fr) mais surtout, aussi étrange que cela puisse paraître, des entrées depuis ce qui semble être le module d'édition de gestion et d'envois des Newsletter Lemonde.fr
Je n'espère pas avoir eu les lumières de Le Monde Numérique, mais j'aimerais tout de même bien comprendre !
Si vous avez cliqué sur un lien dans un email pour arriver ici, je vous serai gré de me le signaler, les commentaires sont là...
Pour revenir sur le mot bloc-notes...
Ce mot résonne dans ma tête depuis que j'ai appris la nouvelle. Et je visualise. Je visualise tout ce à quoi peut bien faire penser un ... Bloc.
Le résultat est sans appel : Le mot est particulièrement HS.
Ma conclusion : Les blocs, ce sont des pensées sauvegardées d'une manière numérique sur des serveurs noirs dans une salle peu éclairée d'un immeuble morne.
Ce mot est loin de l'idée que je me fais des blogs.
Mais ça, ça reste encore... Mon problème.
C10H14N2
Le déclin
Ecrit le mercredi 18 Mai 2005, à 19:41. Deux cent trente-cinquième ticket.
Tous les êtres humains recherchent une paire de bras.
Une paire de bras en quoi se poser, se reposer, une paire de bras qui enlacerait, qui protégerait, qui réconforterait.
Moi, je me nourris de la reconnaissance des gens. Je suis friand de ce regard particulier, de cette complicité éphémère qui traduisent «Et bien dis donc, respect !» ou encore «T'es un des nôtres»
Et ce besoin grandis au fur et à mesure que je le sustente.
Bien utilisé et bien géré, c'est une force comparable à la physique des pistons, qui tends à m'attirer vers le haut. Mais avec un certain laissé aller, ça peut vite devenir une menace capable de m'expédier dans les plus profonds gouffres d'Hadès.
C'est quitte ou double, le parfait exemple du cercle vicieux.
Je me suis longtemps déclaré être différent, et je le suis. De cette différence j'ai construit une particularité, quelque chose d'attrayant pour les autres, et qui m'a même fait rencontrer du peuple intéressant.
Mais attirer sur sois le regard des gens qui s'y connaissent, c'est chiant. Faut travailler, faut se creuser l'esprit. Et puis pour quoi ? Pas des masses de reconnaissance au final.
La solution de simplicité rayonne alors. Au lieu de combattre le Vulgaire (Selon la définition de La Fontaine) autant se le mettre dans la poche.
Et pour ce faire, les moyens que j'appelle «Passeports Sociaux» ne sont pas si nombreux que ça.
Il y a les Air Max Nike.
Il y a l'Alcool.
Il y a la Clope.
Il y a le Cannabis.
Pour pouvoir sombrer dans un de ces éléments, il faut qu'il y ait des penchants déjà présents ou que le terrain y soit préparé. Un ami me disais, alors que nous rigolions sur la clope que «c'est sur que si tout va bien dans ta tête, ça risque d'être difficile de te mettre à la clope».
Pour ceux qui lisent mon blog, j'allais bien jusqu'à ce que tombe la nouvelle un certain jeudi.
Eboulement fatidique dans un cerveau déjà bien mal mené.
C'est à partir de cette date charnière que la clope est passé du rang de «Accessoire de soirée tranquille» à celui de «béquille psychologique»
Les gens qui l'apprennent sont choqués. Venant de moi, ça a tout pour être choquant.
Qui est ce jeune qui devient ce qu'il a critiqué pendant tant de temps ?
A mon avis, ces gens qui sont choqués manquent énormément d'empathie, même si leur comportement les « sauve » de ce guet-apens qu'est le tabac.
Quelqu'un qui ne va pas bien cogite constamment sur son soi même. Sans répit, ni même la nuit, une voix lui susurre dans le creux de l'oreille droite des vérités difficiles à entendre et autres considérations métaphysiques (souvent inutiles mais préoccupantes).
L'ado qui va mal, victime de ces paroles dont il est lui-même le créateur, finit par se résigner et commence à se faire une raison.
Mais Miracle, la clope (sur moi en tout cas, et je pense, sur beaucoup d'autre personnes) qui permet de foutre littéralement un coup de baseball dans la tronche de cette maudite voix, et d'avoir la paix un certain temps. Juste le temps qu'elles se remette de son choc, et qu'elle reviennent en rampant, maladive et fragile, aux allures monstrueuses, effrayante et écoeurante.
Malgré la dépendance, malgré le cancer du poumon, ça reste un moyen d'avoir la paix : un semblant de paix intérieur.
C'est pareil avec l'écriture.
Ecrire permet de concentrer l'esprit sur ce qu'on écrit. Ecrire permet de se remettre à explorer ses rêves quand notre passé nous les a fait oublier. Ecrire c'est l'évasion pure et simple, c'est un ticket d'entrée gratuit pour le nirvana, c'est de la joie, des sourire, des émotions, des frissons...
Bon, c'est pas parfait. Très vite, nos neurones (qui ont besoin de réfléchir, car nous sommes des ados qui allons pas bien ; On ? Je ...) qui sont en manque de réflexion se remettent à s'agiter. On ne pense plus a la superficialité de notre vie, ni à l'image qu'on peut donner de sois, ni à ce qu'on tends à être. On ne se dit même plus que pour le moment, ce qu'on a fait de notre début de vie est un échec. Non, plus rien de cela. Mais on pense, aux différentes péripéties de notre héros, ce qu'on va lui infliger, lui faire subir... On pense aussi à des tournures de phrases, on test mentalement des juxtapositions jouissives d'éléments grammaticaux.
En fait, on réfléchis toujours.
Et des fois quand ça ne va vraiment pas, des pensées sérieuses de la vie réelle émergent dans cet océan chimérique. Alors pour s'en débarrasser et pour pouvoir se remettre à jouer avec le Héros, on se sent obliger de les coucher sur papier, des les abandonner lâchement prisonnières des lignes d'une feuille simple A4. On les estropie en les modelant en en faisant mots, et on les laisse là, au pied du lit (La thérapie du Cahier).
Mais griller une clope demande vraiment moins d'efforts que de se casser le crâne sur la meilleure place que pourra prendre un adjectif.
Est-ce que ces arguments suffisent à expliquer ma mutation en ovidé ?
Je me pose de sérieuses questions ... (Wé ! plus que 2 !)
Révolution Mai 2005 !
Wé youpi, trallalla.
Ecrit le dimanche 15 Mai 2005, à 11:09. Deux cent trente-quatrième ticket.
J'avoue que cette semaine, j'ai été particulièrement flémard.
Mais c'est simple, le besoin d'écrire ne s'est pas manifesté parce que j'avais ma dose. Je m'explique : écrire c'est pour moi comme une drogue. J'en ai besoin pour vivre correctement et pour garder une stabilité émotionnelle et psychologique raisonnables.
Or cette semaine a été particulièrement chargée.
Déjà, j'ai fais une rechute de cahier. J'avais enfin réussis a abandonner la thérapie du cahier, et bien que ni-ni, il a suffit d'une soirée de faiblesse, et m'y revoilà plongé.
La thérapie du cahier consiste à écrire sur un cahier avec un crayon a papier tout ce qui nous vient a l'esprit, et de préférence ce qui nous occupe, ou ce qui nous préoccupe. Cela permet d'oublier tout, de faire le vide intérieur, et de s'endormir (pour moi) à des heures correctes.
Le problème c'est qu'on en devient vite dépendant. Les pages A4 recto verso gribouillés d'une écriture fatigué finissent par s'entasser au pieds de son lit, et a coup sûr, les matins, c'est sur cette pile de feuille que l'on pose le premier pieds et qu'on dérape, inexorablement.
Quand Jésus a dit « Lève toi, et marche ! » (réplique qui est devenu aussi culte que « Je suis ton père ») je suis persuadé que le paralytique ne suivais pas la thérapie du cahier. Sinon, ça aurait cassé tout le mythe de dieu et de jésus.
En fait, ça aurait évité plein de guerres !
Voilà ! La thérapie du Cahier est la clé du monde.
On a aussi eu un devoir type Bac de Français en Histoire Géo... heu... en Français (bon c'était pas drôle, mais ça fait du contenu au moins.)
Et donc quatre heures de devoir, assis sur une chaise, devant une feuille qui s'obstine à rester blanche, c'est frustrant.
Bon, si celle-ci se met à se couvrir d'idées ridicules, et c'est ce qui m'est arrivé pour l'écriture d'invention, c'est tout aussi frustrant.
Mais sortir d'un devoir de français de quatre heure donne sincèrement l'envie de se faire pingouin ermite en antarctique, ou de parler hébreux le reste de la journée.
Au début de la semaine, il y a eu aussi la création d'une affiche de propagande ridicule visant à lancer un mouvement de grève pour le Lundi de Pentecôte, parce que je tenais à ce lundi, que nous autres, élèves de zone académique C, nous sommes fait entubés des ponts du 8 mai, et que zut à la fin, qu'on vienne ou non, ça fera rien aux vieux.
Moi, je suis égoïste.
Le mouvement de grève semble avoir pris plus où moins, le temps que les affiches ont subsisté dans les couloirs et la cours du lycée, c'est-à-dire 4 jours. Vendredi leurs fut tout de même fatal, et apparemment, l'autorité les aurait arrachées, dans des conditions de violence incroyable.
Bref.
Si ce sont des yeux appartenant à l'autorité qui lisent actuellement ce ticket, sachez que ce n'est absolument pas moi qui ai écrit cette affiche, ni même qui les ai affichées, parce que moi, je suis contre ce genre de pratiques !
Ouais !
Et puis de toute façon, a l'heure actuelle, vous avez déjà détruits les affiches, donc personne ne pourra me confondre par les empruntes digitales ou par l'encre d'impression.
Mouhahahahahahaha.
Enfin tout de même, il y a des fois où je me pose de sérieuses questions sur mes capacités sous exploités à faire des trucs hautement ridicules, mais pourtant très efficaces.
C'est peut-être un peu ça, ma folie.
Rêves Aquatiques
Une truite grillé s'il vous plait.
Ecrit le vendredi 06 Mai 2005, à 23:42. Deux cent trente-troisième ticket.
La scène pourrait se passer dans un désert pâle. Le bleu du ciel est passé, comme les jours de trop beau temps. La chaleur est là, sans non plus trop l'être. C'est un petit peu flou, comme tous les rêves.
Mon cerveau refuse littéralement que j'accède à ces souvenirs, et rien que le fait de stabiliser ma conscience sur l'image que j'ai de cet endroit, fait arriver les larmes comme un moyen de défense instinctif. Mais contre quoi ?
Il y a un problème psychologique caché là-dessous, et je ne sais pas encore quoi.
Les différents bassins qui forment cette piscine sont immenses. Elle est au moins tout aussi délabré que l'ancienne piscine de Mauriac, aujourd'hui abandonné. Il y a ce blanc éclatant, le bleu, le noir et le rouge de marquage écaillé. Tout cela est comme brûlé par le soleil. De la taule peinte en bleu pâle, tellement pâle qu'il est devenu blanc rouille dans le silence et dans l'oublie. La peinture se craquelle et tombe.
C'était une piscine moderne. Un sol genre autoroute récente mais usée, noir ou des fois ocre tapisse l'espace lui aussi immense entre les bassins. De l'herbe, vaillant soldat, a réussi à percer quelques endroits et à jaillir de ce goudron par gerbes maladives, d'un vert mort.
Le plus grand bassin fait approximativement cent mètres de long et cinquante de large. Et c'est véridique. La première fois que je suis allé dans cette piscine, il était encore plein, mais l'eau y était très chaude et remuée de courants étranges. Il est maintenant vide et des algues verdâtres et des bactéries rougeâtres pourrissent dans son fond dans le reste d'eau chlorée et d'eau de pluie.
Je n'y suis pour le moment encore jamais mort.
Il y a un autre bassin, un bassin de taille moyenne. Il est lui aussi très profond, et je m'y suis noyé une fois, alors qu'il était plein de gens, mais des gens bizarres, qui je pensent étaient mort eux aussi. Personne n'avait en tout cas essayé de m'aider, et je me souviens trop bien de ces corps spectraux flotter au dessus de moi, sans que je ne puisses être vu ni entendu, me laissant emporter vers le fond de la piscine.
On accède par un petit escalier à une terrasse surélevée où des bancs font face à une pataugeoire circulaire. C'est cette pataugeoire qui m'a fait comprendre que le sang était énormément mal fait dans les films. Tous ces téléfilms américains qui se passent prés des piscines et où on voit des goûtes de sang tomber dans l'eau...
Le sang est un peu plus épais que l'eau, il ne s'y dissout pas aussi facilement qu'on veut bien le croire, sans pour autant flotter à la surface ou rester indissoluble. Le sang dans de l'eau chaude et le chlore c'est bien particulier.
Surtout quand il fait ce jour froid, que le ciel est gris et que cette pataugeoire déborde de sang chaud. Dans ces cas là, c'est particulier aussi, ça fume.
Mais bon, l'autre nuit, pas de cascade de sang ni de noyade, mais plutôt un film frisson a gros budget. Je suis à cette piscine, cette fameuse piscine. Quelque chose d'énorme fend le ciel, un rocher immense. Il s'abat sur l'horizon, une déflagration insoutenable résonne alors. Et là une vague arrive.
La vague en elle-même, c'est marrant, ça fait un peu Playschool, on va s'amuser. Ce qui m'étonne, c'est ce que je me suis mis à penser :
- Ho une vague immense.
- Ce n'est pas possible, je ne PEUX pas mourir, c'est impossible
- Qu'est-ce que ce sont dit les gens en Asie ?
- La même chose, sans doute.
- Donc voila, tu vas mourir.
Et là c'est la chute, la fin, et le réveille en sueur.
Rêver de sa propre mort, ça à un coté excitant. Seul hic, c'est qu'il y a des lieux récalcitrants comme le lac où j'ai vu ma tombe, le bassin de retenue hydraulique vidé qui mène sur une sorte de port, ou bien encore, cette piscine glauque, et là, je commence vraiment à me poser de sérieuse questions.
Si je ne notais pas si méticuleusement au crayon HB certaines choses, je pense que je me croirais fou.
Mais le crayon ne permet que de m'assurer d'une seule chose : la valeur de ma mémoire. Le problème de la folie ...
C'est une autre histoire.
Le Puy en Velay : Prologue.
A quand l'épilogue ?
Ecrit le vendredi 06 Mai 2005, à 11:34. Deux cent trente-deuxième ticket.
Hier soir, vers minuit... donc ce matin très tôt, vers minuit, je suis rentré chez moi.
Je n'ai pas réussis à utiliser ce long périple pour écrire quoi que ce soit. Et même, je n'ai presque rien lu. Non, j'étais beaucoup trop occupé à cogiter.
Ce voyage, la découverte du Puy (joli carte postale...) et celle rapide des Ponots m'a fait prendre conscience de la réalité et de la « grandeur » relative du changement qui va bientôt s'abattre sur moi.
D'où le sacré coup de bad qui s'est abattu sur moi.
Comme je l'ai écrit dans le ticket du Cybercafé, mon lycée se compose ou se décompose en 14 blocs semés comme des lentilles et épousant le terrain fortement accidenté.
Cet établissement revendique accueillir la progéniture du gotha local, et s'en vante même, rangeant cet argument a coté des quatre terminales S-SVT, de la présence de S-SSI, l'Européenne Anglais et le Théâtre en option lourde.
Pas de Série ES par contre, pour cela, il faut aller dans un autre lycée de la ville. C'est triste dans la mesure où les gens que j'aime ici partent en ES, et que si on statistifie la chose, les gens que je peux aimer sont des cerveau à ES, et donc par conséquent il n'y en aura pas dans mon futur lycée.
Heureusement que je ne suis pas du genre à m'arrêter aux statistiques.
Le Puy en Velay est une ville qui bouge.
Les touristes, sa renommée internationale, les lentilles et sa fonction de ville départ d'un chemin de Saint-Jacques de Compostelle la force à se tenir à un certain standing et à adopter un certain dynamisme. La ville est belle, la ville est propre.
Les petites ruelles fourmillantes de magasins et de touristes anglais sont agréables. Et dans ces magasins, on trouve de tout, surtout des fringues.
Préfecture de la Haute-Loire, on y trouve les grandes marques intéressantes (Diesel, Marlboro-Classics) et toutes les chaussures desquelles on peut rêver. Ca a un coté rassurant, pour moi en tout cas.
Malgré le froid, les gens sont généralement dehors, dans les rues. Ils marchent sur le trottoir, traversent, parlent, sautillent, chantent, et dansent (bon ces trois derniers, c'est surtout moi).
C'est en tout cas indéniablement plus vivant qu'Oloron Ste Marie, mais est-il besoin de faire la comparaison ?
20 000 habitants intra muros, 60 000 dans la communauté de commune.
La carte postale semble avoir quelque chose dans le ventre.
The visite du puille
en vellailleu
Ecrit le mercredi 04 Mai 2005, à 15:16. Deux cent trente et unième ticket.
Moi je dis waou, c'est l'éclate totale.
Je me retrouve a tapoter sur un clavier noir, un ordinateur noir, dans un cybercafé marron gris vert pomme, sans aucun contrôle ni d'orthographe, ni parental. La vie, la vrai, Auchan, on ne peux guère rêver mieux.
Bon le puy en Velay n'est pas la capitale de la construction phallique comme je l'imaginais au début. Assez décevant en fait dans la mesure où je m'attendais à quelque chose de moche et de chiant et qu'en réalité c'est beau et plutôt génial en fait. Les toits sont rouges, mais on n'en demande pas trop non plus hein.
Je crois que aujourd'hui est mon dépucelage du cybercafé. J'ai tjrs trouvé un moyen autre, plus System D pour accéder au net auparavant. Voir autant de simplicité dans l'accès au net, et surtout, de voir autant d'adolescents ont sans doute mon age, les yeux sur des monstres bizarres et l'insulte à son voisin-cohéquipier-qui-viens-de-le-trahir-sur-warcraft dans la bouche me déstabilise fortement.
Le lycée dans lequel je vais aller l'an prochain se compose de 14 bloc, chose qui va révolutionner ma vie, vu que je suis habitué a un gros blog immonde où les salles sont logiquement dispatchés.
Là je vais aller dans un lycée immonde aussi. Mais tout de même.
La seule note positive qui est aussi une pseudo note négative est le Totem.
Pour ceux que ma vie intéresse, il y a une photo pas trop moche sur le site de mon futur lycée, Charles et Adrien Dupuy La Roche Arnaud au puy en Velay (oui, tout le reste est le nom)
Oui, vous me plaignez.
Bon, puisque le compteur horaire avance, je raconterai plus de détails un autre jour.
Enfin, quand j'aurai envie.
Départ, gloire et beauté
Des mots qui font rêver.
Ecrit le mardi 03 Mai 2005, à 00:03. Deux cent trentième ticket.
23h12
Me voilà donc amené à écrire mon ticket pré départ.
Mon sac est fait, signe incontestable que je deviens quelqu'un d'extrêmement organisé.
Zut, je met quoi demain ?
23h28
Je reprends.
Je ne suis pas si bien organisé que ça en fait, mais maintenant je suis prêt, mon sac est fait, tout est bien rangé. J'ai prévu le strict minimum pour voyager léger. Mes trois jeans fétiches, 5 tee-shirt, ma veste Levi's, un pull col V, trois gilets, un certain nombre de caleçons et un nombre incalculable de chaussettes.
Ma trousse de toilette est elle aussi bien callée dans mon sac.
Hum. Je fais comment moi maintenant ?
23h40
Bien.
Je ne suis définitivement pas organisé.
Cette fois, je crois que c'est bon, la trousse de toilette n'est pas callée dans le sac et attendra sagement demain. Le portable se charge, l'Ipod aussi. La batterie de l'appareil photo est déjà pleine et attends sagement que je l'oublie demain matin.
Demain, il faudra que je remplisse mon eastpak avec le Baudelaire que j'ai commencé (Les fleurs du mal c'est vachement bandant), Le Tartuffe qu'il faut lire pour le lycée, et Antéchrista de Nothomb.
Tout ça pour aller au Puy en Velay.
Je vais enfin voir de mes propres yeux la ville aux toits rouges, point de départ d'un chemin de Saint Jacques de Compostelle. Je vais voir l'endroit où je vais passer quelques années de ma vie, là où je vais vivre de nouvelles expériences.
Hum.
Bref.
Départ demain matin, retour vendredi au soir.
Bon voyage, moi !
Merci Moi !
Dan Brown : Mon ami.
Un ticket à lire avec des pincettes.
Ecrit le lundi 02 Mai 2005, à 00:03. Deux cent vingt-neuvième ticket.
Bon, j'ai envi de dégueuler.
Comme beaucoup de gens, Je n'ai pas lu le Da Vinci Code.
Malgré tout, je vois son auteur comme un génie qui a utilisé les gens con pour se rendre très très riche. Et n'y voyez aucune ironie. Cet homme est génial.
Ce gars en plus il s'est fait énormément plaisir. Un matin, après avoir regardé une émission chiante sur le christianisme la veille, en sirotant son café et en fumant sa clope du matin (si il fume) il a eu une idée super intéressante et plutôt bandante.
Jésus, Marie-Madelaine, une fillette, du sexe, des spermatozoïdes et des ovules à tout va.
Ni une, ni deux, il enfile son carnet adoré et son crayon a papier fétiche, et va creuser avec une petite cuillère le marrais miteux qu'est l'Eglise catholique.
Telle une masturbation intellectuelle, il recherche, scrute, interroge tout ce qu'il peut. Et par chance, il trouve des moyens de soutenir ses thèses en prouvant qu'elles sont probables.
Voila il est content, il a un scénario génial, il écrit, et paf, ça fait des chocapic et un beau pavé plein de pages.
Non, ce qui me fait vomir, c'est M6 : Secrets D'actualité.
Bon pas vraiment, dans la réalité, c'est la folie qui tourne autour.
Mon dieu, cet homme a blasphémé l'Eglise. Oui, c'est une honte de proférer de telles injures qui ne sont fondées que sur des mottes de pailles. Bon, des grosses mottes de pailles, ok.
Moi je dis non. Ca fait sans doute énormément avancer la société.
Tout de suite, une foule impressionnante d'écrivains frustrés et d'historiens en manque de reconnaissances s'emparent du sujet : Comment ce gars doué qui se fait plaisir peut avoir tant de succès alors que nous qui sommes bon à rien restons inconnus ? Vite, il faut faire quelque chose, réveiller la foule.
Et puis il y a les gens con, qui ont besoin de se persuader que ce livre dit la vérité, que ce n'est pas un roman mais un livre historique, et qui décident de prendre la pilule bleu. Ils n'aiment pas l'église, ils en ont étés dégoûtés a vie a cause de leur enfance très male catéchisée, et ils jubilent enfin quand on leur annonce qu'il n'est pas anormal d'en vouloir à l'Eglise parce que c'est une menteuse et une traîtresse.
Sur la première de couverture, il y a marqué en pas gros : Roman.
Un roman, c'est une machine à faire rêver construite avec les chimères de l'auteur, agencés par des heures, des jours, et des mois de travail, assaisonné par son style et par sa sueur.
Un bouquin historique c'est aussi une machine à rêve mais ces rêves sont ceux d'un historien, fruit d'autant de travail mais eux, miroir parfait de la réalité.
Je ne suis pas choqué, je suis agacé. Laissez ce pauvre richissime auteur écrire ses bouquins en se faisant plaisir !
Zut à la fin.