Page de l'attache-sofa de ce ticket.
L'Attache Sofa c'est en quelque sorte un terme nouveau pour signifier lien permanent.
Film dévastateur.
Super sensible ?
Ecrit le mercredi 27 Juillet 2005, à 00:21. Deux cent soixante-troisième ticket.
Le générique du film est arrivé, juste au bon moment. Une happy end comme j'espérais. Tout se passe si formidablement bien dans les films, même quand c'est une merde incroyable au tout début, à la fin, tout est en ordre et bien rangé.
Dans les films on a pas mal au crâne, on n'est jamais en manque d'inspiration quand on arrive devant la feuille blanche de Word. Dans les films, on déménage rarement, et quand ça arrive, on croise très rapidement dans notre nouvelle ville des anciens amis avec qui on a joué en couche culotte.
Tout est toujours si bien fait. Tout est toujours si beau, et bien comme il faut. Comme un rêve.
Rêver.
On est vite sorti de la salle du cinéma. Mon portable m'annonçait deux amis. 1017, un commentaire sur mon blog, et un message de S. me demandant si le film avait été bien.
Le film, sacré film, le genre de film parfait pour vous renvoyer à vous-même, le genre de film qui vous laisse dans un état de déprime avancé, sans même vous expliquer votre état, sans même fermer la porte en sortant.
Les Poupées Russes.
Ce film est dangereux.
Je l'ai salué, sa mère était déjà arrivée. Elle pouvait même me ramener chez moi si je le voulais. Jamais, dans mon état, je n'aurais préféré le confort d'une voiture à la solitude d'une balade nocturne. Et même s'il me le proposait présentement, je n'étais pas en état de rentrer chez moi sans une coupure digne de ce nom.
J'ai traversé la route, et je suis rentré dans le jardin public. Des larmes ont essayés de sortir, mais ce fut des larmes sèches. Je ne sais pas pleurer quand j'en ai envi, ni même quand j'en ai besoin. Les yeux mouillés, juste à peine. Je ne serais même pas capable de devenir pleureuse, comme le conseil Scarron à son Hélène.
Sur cet échec lacrymal, je me suis levé du premier banc que j'avais trouvé, pour aller rejoindre là fontaine qui pouvait pleurer pour moi.
Bercé par le bruit de l'eau, j'ai réfléchis en m'en grillant une, et en anéantissant jusqu'au dernier les schtroumpfs en gélatine achetés pour le film.
Ce que je vis ne peut être écrit, ni en ticket, ni en nouvelle, ni même en roman. Ce que je vis n'a pas de début ni de fin, s'arrête et recommence comme lui en prends l'envie.
Cette nuit, seul devant ma fontaine de coeur, j'étais Dieu.
Scrutant le ciel et ses étoiles, regardant d'un air suffisant autour de moi le néant de la nuit oloronaise. Même le souffle de l'air - tiède - était parfait.
Je suis Dieu.
Dieu, c'est personne, et c'est un peu tout le monde.
Tout s'accumule.
Le départ, lui, les cartons, mon année de 1er, le film, lui, les prochaines nouvelles rencontres, les amis, mon avenir, le déménagement.
Etant Dieu, il faut que je trouve cette foutu machine où on peut appuyer sur pause pour souffler un peu ...
Ou peut être que je l'ai déjà trouvé, cette machine, seul, devant ma fontaine...
->Lauriane: c'est deux fois de trop.
Au demeurant, ça roule pas si mal, semble-t-il, si l'on fait gaffe aux virages. Bon voyage!
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