Page de l'attache-sofa de ce ticket.
L'Attache Sofa c'est en quelque sorte un terme nouveau pour signifier lien permanent.
Roger, le Retour
Ou : Celui qui avait survécu à l'hydrocution.
Ecrit le mardi 26 Juillet 2005, à 11:04. Deux cent soixante-deuxième ticket.
Ceux qui ont suivis mon blog ces derniers jours se souviendront d'un homme, ancien joueur de Djembé, que j'avais rencontré au bord du gave, sur une plage de gros sable, poussiéreux et collant. La nature est si bien faite, que cet homme - qui, pour les besoins de ce ticket s'appellera Roger - possède exactement les mêmes caractéristiques du sable de la plage. Il est gros, poussiéreux, et surtout, collant.
Parler semble être une pulsion maladive pour lui, il ne peut s'en empêcher. Seul ou avec des personnes ne l'écoutant pas plus, il parle de rien. Il commente ce qu'il voit, se plein que les truites ne mouchent pas, que les mouches ne truitent pas, que le gave a sacrément baissé parce qu'il a des cailloux qui lui servent de repère et que hier quand il est venu, le grand rocher blanc, sortait pas de l'eau.
C'est la sécheresse qui est annoncée si l'eau continue à baisser de cette manière, sans oublier tous ces agriculteurs qui pompent les ressources de l'homme, parce que l'eau c'est la vie. Ils tuent les poissons ces gens là, et Roger le sait bien. Il est à l'environnement dans une grosses entreprise qui fait je ne sais pas trop quoi qui puisse avoir un rapport à l'environnement. D'ailleurs Roger il est super important, parce qu'avec toutes ces nouvelles mesures pour la nature, et bien son patron il lui a demandé de ne prendre que deux semaines de vacances, au lieu de trois, pour pas que quand il reviennent au boulot, tout soit en bordel.
Mais de toute façon, Roger, ça le gène pas, parce qu'il aime son travail, c'est le plus important peut être, d'aimer son travail. Et puis, cette année, il ne partira pas en vacances, parce que la région lui convient très bien, c'est vraiment une région géniale.
Pendant ce temps, je lutais comme un titan pour réussir à commencer le chapitre 29, et dépasser la page 244 de mon Fred Vargas. Chacune des affirmations de Roger m'arrivaient à des intervalles sadiquement calculés qui me faisaient à chaque fois perdre ma ligne, ma phrase, et m'obligeait de recommencer du début.
- « Tien, y'a pas de saumon en ce moment »
Adamsberg feuilletait à sa table un tas de saumons aux titres assez dévastateurs ... merde c'est quoi cette histoire de saumon ? Ho, encore lui !
- « Pardon ? » (J'en redemande, je suis maso)
- « Et bien, quand je viens ici, souvent, y'a des saumon qui remontent »
- « Ils doivent être en congé eux aussi »
** Regard outré **
- « Pardon ? » (Et lui il n'a pas d'humour)
- « Non, ce n'est rien, oubliez »
- « Mais, c'est de la faute des agriculteurs ! »
- « Oh ? Zut ! Encore eux ! »
- « Oui, avec leur nitrate, ils foutent plein d'algue dans l'eau »
- « Les salops ! Mais c'est bien pour les saumons, ils s'amusent dedans »
** Silence **
- « Bon je vais y aller moi »
(Hourra, trop bien, Super !)
Je suis quelqu'un qui vit dangereusement, car hier, nous étions seul, lui et moi, sur la plage. Il aurait très bien pu me violenter sexuellement à coup de saumon.
Rassurez vous, je suis toujours en vie.
Je n'ai trouvé que ça : il y a un sacré progrès et pas que dans l'orthographe ! Félicitations et salut.
Il y en a qui cherchent le saumon dans une rivière polluée et d'autres leurs phrases dans un livre très limpide...
http://www.pascail.com/blog/tb-pwal.php?id=262