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L'Attache Sofa c'est en quelque sorte un terme nouveau pour signifier lien permanent.
C10H14N2
Le déclin
Ecrit le mercredi 18 Mai 2005, à 19:41. Deux cent trente-cinquième ticket.
Tous les êtres humains recherchent une paire de bras.
Une paire de bras en quoi se poser, se reposer, une paire de bras qui enlacerait, qui protégerait, qui réconforterait.
Moi, je me nourris de la reconnaissance des gens. Je suis friand de ce regard particulier, de cette complicité éphémère qui traduisent «Et bien dis donc, respect !» ou encore «T'es un des nôtres»
Et ce besoin grandis au fur et à mesure que je le sustente.
Bien utilisé et bien géré, c'est une force comparable à la physique des pistons, qui tends à m'attirer vers le haut. Mais avec un certain laissé aller, ça peut vite devenir une menace capable de m'expédier dans les plus profonds gouffres d'Hadès.
C'est quitte ou double, le parfait exemple du cercle vicieux.
Je me suis longtemps déclaré être différent, et je le suis. De cette différence j'ai construit une particularité, quelque chose d'attrayant pour les autres, et qui m'a même fait rencontrer du peuple intéressant.
Mais attirer sur sois le regard des gens qui s'y connaissent, c'est chiant. Faut travailler, faut se creuser l'esprit. Et puis pour quoi ? Pas des masses de reconnaissance au final.
La solution de simplicité rayonne alors. Au lieu de combattre le Vulgaire (Selon la définition de La Fontaine) autant se le mettre dans la poche.
Et pour ce faire, les moyens que j'appelle «Passeports Sociaux» ne sont pas si nombreux que ça.
Il y a les Air Max Nike.
Il y a l'Alcool.
Il y a la Clope.
Il y a le Cannabis.
Pour pouvoir sombrer dans un de ces éléments, il faut qu'il y ait des penchants déjà présents ou que le terrain y soit préparé. Un ami me disais, alors que nous rigolions sur la clope que «c'est sur que si tout va bien dans ta tête, ça risque d'être difficile de te mettre à la clope».
Pour ceux qui lisent mon blog, j'allais bien jusqu'à ce que tombe la nouvelle un certain jeudi.
Eboulement fatidique dans un cerveau déjà bien mal mené.
C'est à partir de cette date charnière que la clope est passé du rang de «Accessoire de soirée tranquille» à celui de «béquille psychologique»
Les gens qui l'apprennent sont choqués. Venant de moi, ça a tout pour être choquant.
Qui est ce jeune qui devient ce qu'il a critiqué pendant tant de temps ?
A mon avis, ces gens qui sont choqués manquent énormément d'empathie, même si leur comportement les « sauve » de ce guet-apens qu'est le tabac.
Quelqu'un qui ne va pas bien cogite constamment sur son soi même. Sans répit, ni même la nuit, une voix lui susurre dans le creux de l'oreille droite des vérités difficiles à entendre et autres considérations métaphysiques (souvent inutiles mais préoccupantes).
L'ado qui va mal, victime de ces paroles dont il est lui-même le créateur, finit par se résigner et commence à se faire une raison.
Mais Miracle, la clope (sur moi en tout cas, et je pense, sur beaucoup d'autre personnes) qui permet de foutre littéralement un coup de baseball dans la tronche de cette maudite voix, et d'avoir la paix un certain temps. Juste le temps qu'elles se remette de son choc, et qu'elle reviennent en rampant, maladive et fragile, aux allures monstrueuses, effrayante et écoeurante.
Malgré la dépendance, malgré le cancer du poumon, ça reste un moyen d'avoir la paix : un semblant de paix intérieur.
C'est pareil avec l'écriture.
Ecrire permet de concentrer l'esprit sur ce qu'on écrit. Ecrire permet de se remettre à explorer ses rêves quand notre passé nous les a fait oublier. Ecrire c'est l'évasion pure et simple, c'est un ticket d'entrée gratuit pour le nirvana, c'est de la joie, des sourire, des émotions, des frissons...
Bon, c'est pas parfait. Très vite, nos neurones (qui ont besoin de réfléchir, car nous sommes des ados qui allons pas bien ; On ? Je ...) qui sont en manque de réflexion se remettent à s'agiter. On ne pense plus a la superficialité de notre vie, ni à l'image qu'on peut donner de sois, ni à ce qu'on tends à être. On ne se dit même plus que pour le moment, ce qu'on a fait de notre début de vie est un échec. Non, plus rien de cela. Mais on pense, aux différentes péripéties de notre héros, ce qu'on va lui infliger, lui faire subir... On pense aussi à des tournures de phrases, on test mentalement des juxtapositions jouissives d'éléments grammaticaux.
En fait, on réfléchis toujours.
Et des fois quand ça ne va vraiment pas, des pensées sérieuses de la vie réelle émergent dans cet océan chimérique. Alors pour s'en débarrasser et pour pouvoir se remettre à jouer avec le Héros, on se sent obliger de les coucher sur papier, des les abandonner lâchement prisonnières des lignes d'une feuille simple A4. On les estropie en les modelant en en faisant mots, et on les laisse là, au pied du lit (La thérapie du Cahier).
Mais griller une clope demande vraiment moins d'efforts que de se casser le crâne sur la meilleure place que pourra prendre un adjectif.
Est-ce que ces arguments suffisent à expliquer ma mutation en ovidé ?
Je me pose de sérieuses questions ... (Wé ! plus que 2 !)
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