Page de l'attache-sofa de ce ticket.
L'Attache Sofa c'est en quelque sorte un terme nouveau pour signifier lien permanent.
Un Autre Destin
Nouvelle sans prétentions qui se charge d'écrire sur rien comme me l'a soufflé A. C'est jouissif pour celui qui écrit, frustrant pour le lecteur.
Ecrit le vendredi 29 Avril 2005, à 23:34. Deux cent vingt-septième ticket.
Deux passants se firent bousculer par une dame plutôt âgée qui courait comme une furie sur le trottoir gauche d'une rue un jour de marché. Elle venait de jeter ses sacs. Les carottes erraient par terre, les oeufs étaient morts.
Cette dame s'appelait jacqueline.
Jacqueline n'avait pas eu ce qu'on appel une vie agréable.
Bon bien sur, elle avait été heureuse, un petit peu, au tout début. Son mari était parti il y a peu de temps, mais ça n'avait pas été une grande perte pour elle. Elle le trouvait tout simplement pathétique, et ça lui faisait mal au coeur de voir cet ancien Apollon avachi devant Vivement Dimanche Prochain en attendant que le temps passe.
Le temps était passé et avait eu raison de lui.
Ils s'étaient rencontrés à un bal, c'était monnaie courante à l'époque. Il l'avait séduite tout de suite, et il s'était laissé séduire au même moment.
Il était grand, blond, musclé, il avait la peau mate et il savait danser la valse. Il voulait devenir architecte, ou partir aux Etats-Unis, il voulait être riche. Les rêves fourmillaient l'esprit de David. Jacqueline en avait besoin.
Cette femme, dieu sait pourquoi, ne s'était jamais laissée rêver. A 12 ans, elle ignorait ce que c'était de sourire, à 14, elle avait oublié ce que c'était d'être heureuse. L'avait-elle d'ailleurs déjà été ?
Sa source à chimères qu'elle croyait éternelle s'est malheureusement trop vite tarie. David décida de ne pas partir aux Etats-Unis et de ne pas être architecte. Il ne lui expliqua jamais sérieusement cette décision.
David fut ainsi ouvrier dans une grande usine de moulage de pièces automobiles. Il racontait de temps en temps ses journées de travail, quand il était encore un peu social, quelques années après leur mariage. Il restait devant une machine qui a intervalles réguliers faisaient de gros boum alors qu'une charge phénoménale s'abattait sur une toute petite pièce de métal grisâtre qui pour le coup en ressortait ronde, carrée, ovale, voir même trouée. Pour David c'était dur, pour Jacqueline ça le devenait.
C'est à partir de la septième année de mariage que Jacqueline et David ont commencé à se sentir étranger l'un pour l'autre. David ne rêvait plus, il souriait rarement. Cet homme devenait aussi gris que la ferraille qu'il modelait durant ses journées de travail.
Durant les 30 années suivantes, la situation ne s'améliora absolument pas. Jacqueline et David passaient des journées entières sans échanger le moindre mot. David ne sortait presque plus. Jacqueline vivait pour elle, sans être triste, sans être heureuse, elle ne l'avait pas été assez longtemps pour y prendre goût de toute manière.
Et enfin, son mari était mort.
La seule différence c'était que maintenant, elle pouvait regarder ce qu'elle voulait à la télé. Mais elle ne la regardait pas, elle avait d'autres choses à faire, puis les soirées avec ses amies, les tournois de belotte, les potins quotidiens de sa petite citée.
Ce matin n'avait pas été un matin qu'avait pris l'habitude de vivre Jacqueline. En se levant, elle avait eut envi de manger un os, puis elle s'était demandait si par hasard elle n'avait pas été chienne dans une vie antérieure. Elle s'était préparée comme tous les mardis matins pour aller au marché avec ses voisines. Toutes ses voisines n'avaient pas pu. Elle avait acheté quelques carottes et des oeufs, sans trop savoir ce qu'elle en ferait. Bien, elle allait rentrer chez elle maintenant. Elle se retourna pour revenir sur ses pas mais elle fit fasse à quelque chose de blanc foncé, quelque chose d'immense et relativement très dur.
Elle se retourna derechef, elle ne reviendrait pas sur ses pas. Elle se mit à courir. Le truc blanc et immense se mit à la suivre.
Sa démarche s'accéléra, elle courut. Son traqueur fit de même.
Elle bouscula deux jeunes hommes qui s'enfuirent à leur tour.
Le lendemain dans les journaux, personne ne put rien lire du tout.
Les Os avaient déjà pris le contrôle.
Non. Bizarre, pas ton style habituel, mais pas frustrant.
Souriant.
http://www.pascail.com/blog/tb-pwal.php?id=227