Page de l'attache-sofa de ce ticket.
L'Attache Sofa c'est en quelque sorte un terme nouveau pour signifier lien permanent.
Elucubration(s)
Attention, ce n'est pas drôle.
Ecrit le mardi 19 Avril 2005, à 12:00. Deux cent vingt-cinquième ticket.
Bon, je vais me répéter, mais j'aime bien me répéter, et puis c'est reposant aussi, de se rep...
Bon, ok.
Une chose est morte en moi l'autre jeudi soir. Vous le saviez déjà.
Mais ce que j'ignorais c'est la taille impressionnante de cette chose de quoi je dois faire le deuil.
La fonctionnalité principale de cette chose me permettait de vivre ici, dans des conditions plutôt plaisantes. C'était même plutôt simple.
Maintenant, garder la bonne humeur au lycée revient à lutter avec une allumette contre un monstre de 6 mètres de long, qui en plus crache du feu et qui n'est pas content.
Avant, j'aimais aller au bahut, j'étais excité à l'idée de retrouver tout le monde, tout les gens que j'aimais, bon, une quinzaine, mais ça me rendait heureux, et ça c'est peu négligeable.
Maintenant, c'est dur, et sincèrement, je me fais chier au lycée, et ça ne m'était jamais arrivé à un point tel. Peut être que je m'assagis, peut être que je deviens un papi, peut être qu'au fond je les méprise tous ou que je les envie de rester ici, peut être qu'au plus profond de moi, je voudrais être ce que je tends à devenir : une limace.
L'émulsion des cours ne me touche plus, je suis une mayonnaise qui persiste à ne pas monter.
Je trouve ridicule de préparer un débat comme si c'était une pièce de théâtre, en s'assignant chacun des questions à poser, donc je boycotte.
Je trouve chiante l'idée de nous demander des sujets d'ECJS qui nous intéresserait, donc je boycotte.
Là où avant j'aurais pris un pied incroyable, je n'éprouve plus que de l'indifférence, et je regarde avec un sourcil méditatif ces abeilles-moutons que sont ceux qui trouvent encore de l'intérêt dans tout ça.
Mais cela me fait réfléchir. Quelque chose est mort, il faut que je trouve pourquoi, comment, et surtout que faire maintenant. Une énumération d'idées en l'air ne m'aidera pas, il faut que je me concentre sur mon nombril et que j'en tire des conclusions.
Sans trop de réflexion, j'aurais envi de dire que je suis mort. Non pas physiquement, mais psychiquement : ce qui faisait battre mon coeur cérébrale à disparu.
Une auto psychanalyse se fait facilement : Ce qui me motive c'est tout simplement la recherche de la reconnaissance. Je cours après ça, j'en suis friand. J'ai besoin d'être reconnu par les gens qui m'entourent pour ce que je fait, scolairement ou pour mon compte personnel. Cette stimulation me permet, m'a permis de faire des choses assez intéressantes : un compte rendu qualifié de très-très bien, un édito qui a fait rire des gens, un blog. Mais dans une configuration tel, je vis pour les autres, ou plutôt pour l'image de moi que les autres me renvoient.
Savoir que je ne vais rester ici au plus 5 mois, que l'année scolaire se termine dans un mois et demi, et qu'après il n'y aura plus rien ne me donne aucun courage.
Peut-être ai-je atteint le nirvâna bouddhiste, qui par l'extinction de mes désirs, va entraîner la fin du cycle de mes réincarnations : Je vais être ni chat, ni limace, mais néant.
La certitude du challenge qui arrive est la seule chose qui me permet de subsister de manière raisonable.
Je suis un rigolo, enfin j'en donne l'impression aux autres. Je fait aussi tout pour montrer que derrière mon coté rigolo il y a un homme très fort, qui a surmonté des épreuves et qui à su se relever de beaucoup de choses.
Que nini.
Mais la vie n'est pas aussi simple, je ne suis pas prêt pour une telle remise en question.
Pourtant, je n'ai pas le choix.
Je redeviendrai drôle quand un sourire se dessinera sur ma bouche.
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