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L'Attache Sofa c'est en quelque sorte un terme nouveau pour signifier lien permanent.
St Angèle : La victoire
Enfin !
Ecrit le dimanche 06 Mars 2005, à 18:35. Deux cent quatrième ticket.
Bon déjà, punk-duck on oublie.
Punk-Duck, c'est un canard, mais pas un canard normal, vu qu'il a une crête et un sac à main. D'un autre coté, sans ça, il se serait appelé just-duck. Bref. De toute manière, j'ai dit, on oubli.
Hier (Samedi, donc) nous nous sommes retrouvé avec l'agent S. de l'agence tous risques (de laquelle punk-duck pourrait sans doute faire partie si on ne l'avait pas oublié). Début d'après-midi normale, si ce n'est dans une atmosphère de profond n'importe quoi.
Instinctivement, nous nous dirigeons vers la fondation Saint-Angèle.
La Fondation Saint Angèle est un pensionnat de jeunes fille fermé depuis 1987 dans Oloron ste Marie. Il accueillait des adolescentes qui avaient des soucis avec leurs parents, avec elles même, ou avec les autres. Sa création, faite par un prêtre dans le but d'accueillir des -il semblerait- jeunes orphelines, remonte aux environs du début 1800.
Le bâtiment qui a abrité cet institut est maintenant abandonné et est resté dans l'état de sa fermeture définitive il y a plus de 18 ans. Les vieux cahiers de comptes, des liaison, les factures, les livres, le mobilier, des matelas, une télé, une calculatrice préhistorique. Tout cela gis dans un chaos impressionnant au beau milieu de la salle principale du première étage de la bâtisse qui date de la grande vague de constructions industrielle qu'a subi Oloron lors de son industrialisation intensive, environ vers 1950.
Le rez-de-chaussée de cette construction est tout aussi désordonné. Une carcasse de voiture rouille en silence, d'autres livres, d'autres cahiers de comptes, d'autres classeurs de cours s'entassent sur le vieux sol bétonné.
Ici et là est venu mourir un bout de plafond, laissant apercevoir des petits bouts de l'étage supérieur.
Le troisième étage ne s'accède que par des escaliers internes en bois mangé. Nous n'avons pas tenté l'expérience.
Notre première rencontre avec cet institut remonte au lundi 26 juillet 2004. A l'époque, il servait de squatte luxurieux, comportant divers matelas puants et chaises rouillés. La porte principale portait comme stigmate de son utilité passée une incription à la peinture écaillée «Acceuil». Cela nous avait intrigué.
Nous l'avions poussé facilement, et nous étions entrés dans cet accueil. Nous avions ramassé quelques cahiers au hasard, et nous en avions continué l'exploration prudente, jusqu'à ce qu'un chien noir se mette à aboyer. Nous étions sortis alors à la hâte, emportant comme trophée les quelques cahiers ramassés, les fameux cahiers de liaisons que tenaient les éducateurs pour se tenir au courant les un les autres. Une sorte de cahier de bord, de blog commun.
Les cahiers furent très loquaces. Nous sûmes quelles étaient les habitudes des filles, leurs problèmes, à quoi ressemblait leur vie, et caetera.
Samedi 31 Juillet 2004 nous étions à la bibliothèque municipale dans les pages locales des archives des quotidiens. La République, entre autre. C'est ce jour là que nous avons trouvé la date de la fermeture de l'institut, les conditions (évidentes : manque de moyens), et bien sur les conséquences.
Très vite après, nous sommes retournés aux portes de cet institut désaffecté pour essayer de trouver plus d'informations sur les locataires, leur vie, et dans l'espoir inavoué d'en retrouver une, pourquoi pas.
Mais la municipalité fut beaucoup plus rapide que nous, en condamnant de plusieurs planches de bois et diverses barres de métal les portes de l'institut.
Pour nous deux, agent S. et agent M., moi-même, c'était plus qu'il nous en fallait. Un jour, nous rentrerions de nouveau dans cette bâtisse.
Un jour.
Ce jour là est bien tombé, dans la mesure où ce jour là, nous étions tout les deux en vacances et devant cet institut.
Logique, aurait dit Punk-Duck.
Nous avons essayé beaucoup de choses pendant les 6 mois qui ont séparés la frustration de ce jour de joie. Et nous n'avons pas été les seuls à essayer d'ailleurs. Pour certains, c'était le seul endroit où passer la nuit ...
Ce jour là est tombé hier.
Alors que nous constations encore une fois notre incapacité à pénétrer la demeure toujours aussi solidement scellée, une idée as jailli de nos esprits et s'est prise en pleine tête la porte contre laquelle nous lutions. Remise de ses émotions, l'idée nous a dit que la besogne serait beaucoup plus facile avec des outils.
Ni une, ni deux, petit passage dans mon garage, récupération de tournevis et de clés anglaises, et retour sur le champ de guerre.
Nous avons bataillé. Il pleuvait.
Tentative numéro 1 : Dévisser un à un les 11 vis d'environ 10cm solidement enfoncés dans de grosses planches en bois. Abandon par manque de force.
Tentative numéro 2 : Pénétrer par le rez-de-chaussée en déboulonnant une barre de métal scellant les volets d'une fenêtre. Echec. La fenêtre était scellée de l'intérieur, aussi ...
Tentative numéro 3 : faire un peu n'importe quoi. Mise en suspense.
Tentative numéro 4 : Faire levier avec divers outils pour faire sauter les volets. Abandon par prise de conscience de la stupidité de l'idée.
Tentative numéro 5 : Faire un peu n'importe quoi en utilisant un peu tout. Remarquer la présence d'un levier fait avec des planches de bois au dessous des deux volets. Penser qu'il est possible de faire sortir les volets de leurs gonds. Prise de risque : Et si les volets / portes de 3 mètres nous tombe dessus ? Courir ? Non ! Etre plus astucieux. Réfléchir.
Ce qui nous bloque, ce sont deux volets scellés par deux épaisses planches de bois fixé par le moyen de 11 vis. Pourquoi ne pas considérer cet ensemble comme une porte ? Voila l'idée ! Faire sauter les charnières d'un coté pour l'utiliser simplement comme une porte !
Vite, on dévisse avec la clé anglaise les boulons de la charnière droite basse. Problème, la charnière droite haute est ... trop haute. Idée : Utiliser le levier deja en place abandonné suite à un échec, pour faire sortir de son gond la charnière droite haute ! Oui voila, c'est ça !
Nous avons encore bataillé quelques instant pour bien mettre au point cette stratégie, bien calculer a quel moment il fallait sauter sur le levier, et qu'il fallait faire bouger la porte, et enfin ...
La charnière a sauté, elle est sortir de son gond.
Grande joie. Evidement. Libérer d'un coup plus de 6 mois de frustration accumulé, ça rend heureux.
Nous avons poussé les volets scellés transformés en porte, et nous sommes rentré.
L'intérieur n'a pas changé. Rien n'a bougé. Les papiers gisent toujours par terre, les matelas pourrissent toujours, le bois continue de se désagréger et des bouts de plafonds continuent à tomber.
Nous avons fait un tour rapide, il pleuvait, nous avions froid.
Mais ... nous y retournerons.
Cahiers ramassés..Les papiers gisent...
Avez-vous des photos?
Etes-vous retournés?
Ca m'intéresse
Pourquoi? me direz-vous
Maman est passée par cette Institut St Angèle
Merci de me contacter
Il doit y avoir des putains de belles photos à prendre.
http://www.pascail.com/blog/tb-pwal.php?id=204