Une malédiction plane sur moi, comme l'aurait fait un
lifter (Le projet lifter, ou comment faire voler vivant un cochon d'inde avec du 20kV.)
En effet partout où je vais, il faut qu'il m'arrive des trucs spéciaux.
Par exemple, je vais à la bibliothèque, les gens m'empêchent de fredonner des morceaux bien, je vais en ville, je me fais agresser par les passants ou les parasols, quand je veux juste un peu de paraffine, pour faire une bougie, il faut que je me coupe avec le pot en verre, et renverse plein de grains de paraffine sur le sol.
Quoi que non, ça c'est par pur maladresse.
Alors sur l'autoroute, et plus particulièrement une aire de repos, forcement, il faut qu'il m'arrive quelque chose de zarbe.
Je rentre dans les toilettes des hommes, moi je n'ai pas envi, c'est juste par principe, je me lave les mains, par principe aussi, et commence à ressortir.
« - Bonjour (une dame plutôt jeune)
- Bonjour (moi, plutôt pas réveillé)
- Est-ce que vous pouvez me rendre mon fils s'il vous plait ? (Hum elle veut quoi celle là ?)
- Heu... je ne l'ai pas sur moi... (Hum)
-...
- Mais bien sur c'est lequel ?
- Celui-la, là bas. »
En effet, sans que je m'en sois rendu compte, les toilettes hommes ressemblait plus à une garderie, l'odeur en plus (quoi que). Plusieurs gamins âgés d'environ 3 ans jouaient et se courraient après. Un petit garçonnet se tenait fermement accroché à une porte, c'était lui.
« - Hum, ok (et j'y suis allé) Bon dis moi, tu crois pas que ça serait bien d'aller voir maman ?
- (regard interloqué du petit) (pensée : C'est quoi cet énergumène barbus qui me parle ?) (Regard de détresse vers sa mère) (Reconsidération de mon moi, enfin il me regarde et parle :) Non.
- Je crois que tu n'as pas vraiment le choix, allez ... (regard de détresse à mon tour vers sa mère, qui me fait signe que je peux le prendre)
- Non. »
Je l'attrape comme un petit enfant, soumis par l'autorité émanant de ma barbe naissante, le petit laisse faire et ne dit rien. De ma démarche genre Je suis votre Sauveur, et avec un grand sourire, je rapporte le petit à sa mère qui sourit, sans doute aussi bêtement que moi.
Enfin je le lui tends, en lui disant « Je vous le rends », et pour conclure le tout, elle me dit merci.
Je voudrais tout d'abord m'excuser auprès du psy qui devra un jour s'occuper de ce petit, que je crois maintenant traumatisé par les grands ados barbus de passage dans les toilettes masculins d'aire de repos.
Je voudrais aussi m'excuser auprès de la mère, pour mon humour pas drôle et peut-être mal venue.
Je voudrais ensuite dire à quel point je suis navré pour la porte, de l'avoir séparé de ce petit être, ainsi qu'à un vieux chnoque, que j'ai, sans trop m'en soucier, un peu bousculé, mais ça c'était pas en rendant le petit.
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